Octobre Rose, grande foire d’automne 1

La kermesse va commencer. Octobre Rose s’annonce en fanfare. Mais

D’où nous vient « Octobre Rose » ?  

Tout droit des Etats-Unis. L’  « american cancer society » et « Imperial chemical industries » (Astra-Zeneca donc nolvadex, arimidex et faslodex), sous forme de partenariat ont créé ce mouvement de lutte contre le cancer du sein. Par la suite Estée Lauder, Avon, Komen etc ont sauté dans le train en marche…

Pour le « ruban », c’est autre chose. Charlotte Hayley qui avait créé un ruban pêche contre le cancer du sein a refusé de céder son idée à Evelyn Lauder voyant par avance tout l’intérêt commercial pouvant s’associer à ce petit objet. Mme Lauder a transformé le pêche en rose. L’idée semblait géniale, le rose s’associant au féminin ou du moins à un certain « féminin », celui très caricatural de la poupée « barbie » et de la robe de princesse.

Il n’est pas évitable de resituer « Octobre Rose » dans son contexte, sa culture d’origine :- les Etats-Unis.

Le pays est dans un explicite d’une santé marchandisée où l’on envisage le progrès comme se faisant forcément à l’aide de capitaux privés. À côté de cela, en corollaire, on accepte d’une certaine manière comme un juste retour sur investissement le fait que ces mêmes sociétés privées se régalent au passage. Continuer ce raisonnement de façon paroxystique et imaginer que ces mêmes sociétés privées ont intérêt à augmenter le nombre de patients afin d’augmenter leurs revenus est moins évident, et pourtant absolument logique.

Mais Octobre rose se situe dans un cadre plus large encore, celui de la volonté de Richard Nixon d’éradiquer le cancer en l’espace de 25 ans grâce aux progrès de la science.

Avoir marché sur la lune avait fédéré toute une nation derrière soi glorifiant ainsi la puissance de ce qui se disait alors être le monde libre et surtout le progrès scientifique. Il fallait maintenant un autre grand projet…Ce serait la disparition du cancer.

Nous sommes au croisement de deux volontés. L’une est celle de la science mise au service du commerce et vice-versa. L’autre est ce projet bienveillant et moderne qui réunira tous les citoyens dans un même élan. Ce mélange de registres fait partie des Etats-Unis. Les citoyens américains sont coutumiers de ce fonctionnement.

Dans l’ensemble la critique d’Octobre Rose aux Etats-Unis se tourne plus vers le « pinkwashing », démarche commerciale qui profite du cancer du sein pour se faire de l’argent sans restituer les gains à la cause. Estée Lauder explose ses cours en bourse pour rendre à la cause deux francs six sous etc.

On peut d’ailleurs trouver des sites Internet qui indiquent à quel organisme le consommateur américain peut se fier sans que la cause qu’il croit aider se voie flouée. Car cette réflexion se fait dans l’esprit d’une consommation consentie et entretenue. Il faut consommer, mais consommer « bien ».

Et, quitte à me répéter mais cet élément me semble important, le citoyen nord-américain sait que sa santé fait l’objet d’un commerce. Il en est d’accord ou non, mais cet arrière-plan financier existe dans sa conscience.

 Laissons là les Etats-Unis pour venir en France. Le contexte n’est pas identique. Cet arrière-plan nous est inconnu encore. Nous sommes dans un accès aux soins pour tous où l’on ne perçoit pas encore, ou peu, la santé comme un marché. Pour les Français en général la recherche médicale est d’abord imaginée pour le bien du patient, comme si celle-ci ne dépendait pas de financements privés. De même que l’on garde encore, même si en ce moment des idées neuves surgissent, l’illusion d’une médecine pour tous à la pointe du progrès qui agirait dans l’intérêt d’une population plus que pour le bien du portefeuille. Avoir commandé des montagnes de vaccins n’était pas jugé en fonction d’un gain commercial mais bien plus comme une faute de jugement ou un excès de principe de précaution.

Donc ce bulldozer commercial d’Octobre Rose vient, à l’aide de sa communication, s’imposer dans notre paysage en tentant d’exporter son système sous couvert de bonnes intentions.

D’où d’ailleurs ce flou délibéré dans l’énoncé des objectifs. Il ne s’agirait pas de promouvoir l’industrie ou la pharmacie; Octobre Rose dit vouloir « sensibiliser », et comment critiquer ce projet qui ne dit rien. Qui serait contre une sensibilisation ? Que veut dire « sensibilisation » ?

Plus malin encore, Octobre Rose milite pour lever des fonds pour la recherche –Très bien, que dire contre ce projet ?

Mais le contenu principal d’Octobre Rose est de pousser à la mammographie de dépistage dans le cadre du dépistage organisé. Certains auront observé les parutions des deux derniers mois suggérant un dépistage dès quarante ans et cela à l’aide bien sûr de résultats de « recherches », la caution pseudo scientifique n’étant jamais très loin. Histoire de faire d’une pierre deux coups, Octobre Rose désire mobiliser les rebelles qui ne viennent pas encore, et mobiliser celles qui ne sont pas encore « invitées » d’où cette démarche vers les femmes de quarante ans. C’est tout simplement une logique économique de croissance. L’objectif réel est de trouver de nouveaux clients. Le reste n’est qu’un alibi.

Mais sommes nous d’une incommensurable naïveté ou bêtise ?

Trouver en France qui est vraiment aux manettes d’Octobre Rose est un vain travail. Mais dans l’ensemble le financeur des campagnes est le citoyen français par le biais de ses impôts et celui qui en profitera restera le laboratoire pharmaceutique, le fabricant de mammographes, les organismes qui vivent du cancer etc.

Oui, mais les femmes en profiteront aussi si la science progresse ! Nous ne sommes pas dans une maladie orpheline. Il est dans l’intérêt des laboratoires de découvrir des choses à vendre, ils investissent de toute façon dans ce domaine de recherche. Ce n’est pas moi qui suis cynique, c’est Octobre Rose.

 

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Pour Octobre Rose,l’INCa concerte

Octobre Rose, l’Oktoberfest, la grande foire d’automne commence.

Une fois de plus nous serons gavés…Gavés jusqu’à l’écoeurement.

Dr du 16 http://docteurdu16.blogspot.fr/2015/09/octobre-rose-le-rouleau-compresseur-du.html s’est déjà bien agacé que Gérald Kierzek répète comme un perroquet sur « Europe 1 » toute une propagande désuète pour le dépistage du cancer du sein.

Même L’INCa ne s’autorise plus la diffusion de cette soupe imprécise et démagogique.

L’INCa concerte.

La concertation est à la mode. La concertation citoyenne l’est plus encore. Pourquoi pas ?

Mais surtout : Pourquoi ?

J’avais lu en son temps le rapport de l’INCa sur l’éthique du dépistage du cancer du sein.

La conclusion en était que malgré les derniers apports scientifiques et les nombreuses discussions concernant l’efficacité du dépistage organisé, malgré cela il fallait suivre une politique incitative. L’éthique disparaissait aussitôt au bénéfice de cette attitude incitative.

Pourtant, je rappelle ici l’une des phrases de ce rapport :- On se retrouve donc de facto concernant le débat bénéfice-risque avec des zones d’incertitudes persistantes renvoyant à une question éthique fondamentale sur la nature de l’information à délivrer aux participantes sur l’efficacité d’une campagne de dépistage.

«  La démarche éthique est celle qui donne une information honnête aux femmes et leur laisse le choix. »

Le choix ?

Mais avons-nous vraiment le choix quand nous sommes envahis par l’omniprésence de toutes les manifestations d’octobre rose :

1-dans la télévision locale et nationale, les journaux locaux et nationaux, y compris les espaces faussement informatifs (le publi-rédactionnel) achetés par des laboratoires et des institutions dans de grands journaux comme le « Monde », les radios locales et nationales.

2 -dans l’espace public avec les monuments illuminés de « rose », les courses roses, les seins géants gonflés sur les places des communes, les affiches de filles torse nu, les soutiens-gorge exposés sur les places, les magasins, les hôpitaux. Je ne peux pas tout énumérer, mais il suffit de regarder autour de soi.

Et cela toujours avec un discours à la fois imprécis et stéréotypé.

Imprécis car Octobre Rose « sensibilise » au cancer du sein. Or « sensibiliser » est vaste.

«  Stéréotypé » : il suffit d’écouter Gérald Kierzek qui répète sans aucune distance critique la vieille propagande du DO.

Car bien que l’objectif déclaré est la sensibilisation, le message principal en revanche reste très stéréotypé et devient soudain très précis:

première cause de décès des femmes par cancer

-1 femme / 8,

-90% sauvées

-Plus c’est petit mieux, ça se soigne…Et hop

Le dépistage est vendu.

Et tout de suite après on vendra les perruques, les soutifs, les soins de supports, les mouchoirs en papiers, la chimio, les cures thermales, les vernis à ongles, les groupes de parole, et des kilos de silicone sous forme de prothèse.

L’information ?

Et quelle est la qualité de l’information qui permettrait un choix ? C’est ici le centre du débat. Ce discours stéréotypé renvoie inlassablement vers le médecin qui doit nous informer. Ce serait comme si la communauté médicale dans son ensemble tenait un discours identique!

Or les médecins sont très partagés! Et quelle information leur donne t’on ?

Je ne comprends décidément pas l’usage constant du paradoxe à l’INCa. Tout le site est fait pour une proposition incitative au DO et pourtant dans la toute petite rubrique de la page http://www.concertation-depistage.fr/, /  le lien http://www.concertation-depistage.fr/sinformer-sur-le-depistage/ propose tout en bas la consultation de trois études dont deux ne laissent aucun doute. La femme peut choisir sans crainte l’une ou l’autre option.

Mesdames, lisez ce qui est écrit en petit. Lisez les études. (L’une d’elles est en Anglais, et L’INCa aurait pu se donner la peine d’en proposer une traduction.)

Je me suis posé la question de savoir s’il fallait contribuer à la concertation citoyenne et scientifique de l’INCa.

J’ai été déçue par le rapport sur l’éthique dont la malhonnêteté me sautait aux yeux.

On « éthiquait » ce DO (dépistage organisé).

Des sociologues, des médecins, des philosophes furent conviés et devant un tel aréopage nous devions nous incliner !

Au lieu de réfléchir à comment proposer le dépistage aux femmes de façon éthique, on réfléchissait à comment faire croire aux femmes que ce dépistage était fait de façon éthique.

Et je crains d’être à nouveau déçue par cette concertation.

Que veut dire concertation citoyenne et « scientifique ». Ce lieu est-il destiné à des scientifiques afin que ceux-ci s’expriment ?

Là, entre les témoignages de femmes sauvées ou maltraitées par la médecine ?

Et que veut dire « citoyenne » sinon que tous et toutes peuvent s’exprimer.

C’est sympa de donner des lieux d’expression, mais que va t-on en faire ?

Des femmes vont témoigner. Certaines diront que le dépistage leur a sauvé la vie (alors qu’il est impossible de le vérifier) et en même temps ces témoignages émouvants de femmes blessées prendront figure de vérité et le seront dans une certaine mesure car ces femmes sont convaincues de ce qu’elles avancent.

Qui oserait contrarier une personne à qui il manque un sein, qui oserait contrarier une femme qui a eu la peur de sa vie au moment de l’annonce du cancer ?

Les émotions seront si fortes que les autres messages seront oblitérés quelle qu’en soit la teneur.

On ne peut pas faire de la bonne santé publique en brassant de l’émotion.

On ne peut pas faire de la bonne santé publique en laissant les citoyens choisir, cela n’a pas de sens. On ne choisit pas en fonction d’un nombre de votes ou de l’air du temps mais en fonction de critères scientifiques validés et sans conflits d’intérêts, continuellement renégociés selon de nouvelles données.

Donc quel est l’objectif de l’INCa en proposant cette concertation ?

lettre à nos institutions: sortons d’Octobre Rose

9 juillet 2015

Mesdames et Messieurs du ministère de la santé, de l’INVS (institut national de veille sanitaire), de l’INCa (institut national du cancer), des communes et des régions de France et autres promoteurs et subventionneurs institutionnels d’ « Octobre Rose »

En tant que citoyenne française, je m’autorise à vous demander de sortir de tout engagement en faveur d’« Octobre Rose ».

Tous les ans « Octobre Rose » est l’occasion de toutes sortes d’expressions médiatiques irrespectueuses de beaucoup de femmes touchées par cette maladie.

Il est indigne et inapproprié d’institutions officielles de s’associer de près ou de loin à  cet étalage obscène comme il est indigne et inapproprié d’institutions officielles de soutenir par leur présence ce qui est l’objet d’un commerce.

« Octobre Rose » est surtout l’occasion de promouvoir de la lingerie féminine, des cures thermales spécialisées, des produits de beauté, des chaussures de sport, des artistes en recherche de notoriété, et j’en passe.

Le corps de la femme déjà instrumentalisé par la publicité en général se retrouve très cyniquement mis à contribution dans cette démarche de vente et par ce fait réduit et résume l’impact de cette maladie à un souci d’esthétique et de séduction.

Le cancer du sein est une autre réalité que cette caricature d’une certaine féminité.

Or la présence et l’acquiescement de nos institutions contribuent à créer une belle unanimité autour d’ « Octobre Rose » et donnent un gage de sérieux à ces manifestations.

Il serait opportun de vérifier la pertinence de subventionner ou de prêter des locaux à l’organisation de diverses courses dont l’objectif est de récolter des fonds pour la « cause » afin d’en évaluer le bénéfice réel.

Il serait souhaitable d’évaluer le prix réel d’ « Octobre Rose » pour nos institutions et donc pour les contribuables au regard de l’objectif attendu.

Car en effet si nos institutions soutiennent cette campagne de sensibilisation au cancer du sein, c’est avant tout pour que cette pathologie soit mieux connue et pour que la population féminine concernée recourre au dépistage organisé.

Mais ces objectifs ne sont pas atteints.

  • 1- La pathologie est certes mieux connue, mais l’étalage d’images et de manifestations grossières est d’une telle importance qu’il masque le propos sérieux et digne.
  • 2- Le dépistage organisé stagne, voire régresse et témoigne de ce fait de l’inefficacité de ce type de campagne fourre-tout et inorganisée.

De plus nous sommes dans un contexte particulier où chaque semaine une nouvelle information vient questionner la pertinence du dépistage organisé.

7/7/2015 :http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2363025

8/7/2015 :http://jrs.sagepub.com/content/early/2015/06/01/0141076815593403.abstract

Il est donc plus que temps de s’extraire d’« Octobre Rose » et de requestionner l’attitude des institutions devant ce problème de société qui est le cancer du sein.

Veillez agréer mesdames, messieurs mes respectueuses salutations.

Martine Bronner

J’aurais été invitée à parler d’octobre rose.

Je serais là, me tortillant sur ma chaise avec l’étrange sentiment d’être le petit caillou dans la chaussure, le truc qui enquiquine.

J’aurais été là, face à des femmes, des anciennes patientes, des toujours patientes, des amies et des filles de patientes.

J’aurais été un peu gênée de dire que je n’aime pas octobre rose.

Ce serait dire que, si je n’aime pas octobre rose qui est contre le cancer du sein, c’est donc que je serais pour !

Puis je être pour ? Et si je ne suis pas « pour » le cancer du sein, serait-ce dire qu’en fait je nie la réalité du cancer du sein, son existence, sa cruauté ?

Comment ? Et je le vois dans ce regard perplexe et interrogateur de mon public fictif, comment est ce possible d’être contre ? Comment est ce possible de ne pas aimer ce moment de communion pour la « cause » ?

Alors que, enfin nous sommes tous réunis dans la ferveur de l’émotion collective, dans un grand mouvement de solidarité contre cette horrible maladie.

Car voilà si octobre rose ne me convainc pas, si je n’aime pas que la foule me dise ce que je dois penser, je pourrais au moins avoir le bon goût de ne rien dire.

Et je sais que si je disais qu’octobre rose est un schmilblick commercial, certaines me répondraient : -Et alors ? C’est toujours mieux que rien ?

Si je disais que pour s’inscrire en ligne à la course le site me redirige vers des magasins de sport pour acheter des chaussures, on me répondrait que c’est l’occasion ou jamais de me mettre au sport et surtout que si ces maisons sponsorisent il est normal qu’il y ait un retour sur investissement…

Si je questionnais pour connaître la provenance de ces masses de ticheurtes roses peut-être de ces pays où de toutes petites mains cousent pour une aumône, on me dirait :-Arrête, m…., Tu nous gâches la fête.

Vous avez entendu, c’est une fête !

Si je disais que sous couvert de réunir des fonds pour la recherche certains grands noms de l’industrie cosmétique se régalent doublement au passage en vendant beaucoup plus que d’habitude grâce à cette publicité bon marché, et que même KFC (kentucky fried chicken) et Smith & Wesson (avec un beau petit colt rose pour femme) en faisaient partie mais que là quand même…on a un peu fait le ménage ;  on me dirait : – Ouais, mais c’est les « States », chez nous ce n’est pas pareil. Et puis oui c’est un peu vrai, mais c’est pour la bonne cause !

C’est pour que plus de femmes s’informent au sujet du dépistage.

Là je me tortillerais plus encore sur ma chaise et je chercherais du regard les institutionnels dans la salle, ceux qui organisent, ont des idées, créent des slogans, publient des affiches et réfléchissent à comment fabriquer l’ « éthique » du dépistage.

Octobre rose et toute la machine qui va avec, c’est eux, c’est leur bébé. Comment faire pour dire que je ne supporte plus les cris de leur bébé avec son éternel pyjama rose.

Comment faire pour qu’ils cessent la manipulation des mots, les discours convenus et stéréotypés, ce que Rachel Campergue appelle le « storytelling » du cancer du sein. C’est grâce à elle que j’ai compris tout ça. Avant je sentais qu’il y avait un lézard, une distorsion entre le discours du cancer du sein et la réalité mais je ne savais pas vraiment en quoi. D’ailleurs elle décortique tout ça dans son nouveau livre. http://www.amazon.fr/Octobre-Rose-mot-maux-libert%C3%A9-ebook/dp/B00O4EUM2O/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1412296814&sr=8-2&keywords=rachel+campergue

Je dirais que le dépistage, c’est bien quand on est informé correctement des avantages et des inconvénients. Parce qu’il y a aussi des inconvénients. Et dans l’état actuel des connaissances scientifiques il n’y a pas urgence et les femmes peuvent réfléchir et choisir à tête reposée.

C’est le moment où je me tortillerais encore sur ma chaise en regardant les médecins cette fois-ci. Car je sais que je ne m’autoriserais pas trop à parler de dépistage.

On laisse les trucs scientifiques aux médecins, les patientes ne comprennent pas. À elles on ne laisse que l’émotion.

J’aurais bien trop peur qu’un médecin se cache derrière sa science, je ne me vois pas lui dire que les études sans conflits d’intérêts…Devant un public agacé du petit caillou dans sa chaussure et convaincu de mon ignorance et de ma pédanterie. Imaginez…

J’ai déjà écrit sur octobre rose et rien n’a changé donc les billets sont toujours d’actualité.

Je vous rappelle les travaux de La Cochrane

Conformément à la politique de la Collaboration Cochrane, le Centre Cochrane Français ne reçoit pas de financement provenant de source commerciale ou de toute autre source à but lucratif ayant un intérêt réel ou potentiel dans les conclusions d’une revue spécifique.

Entre autres partenaires financiers de la Cochrane:

la HAS, le ministère de la santé et des affaires sociales, l’INSERM, Parie-Descartes etc

Conclusions : Dépistage du cancer du sein par mammographie

 Le dépistage par mammographie utilise la radiographie pour détecter un cancer du sein avant qu’une grosseur ne soit palpable. L’objectif est de traiter le cancer de manière plus précoce afin d’accroître les chances de guérison. Cette revue inclut sept essais portant sur 600 000 femmes âgées de 39 à 74 ans randomisées pour des mammographies de dépistage ou une absence de mammographie. Les études rapportant les informations les plus fiables montraient que le dépistage ne réduisait pas la mortalité par cancer du sein. Les études qui étaient potentiellement les plus biaisées (les moins rigoureuses) indiquaient que le dépistage réduisait la mortalité par cancer du sein. Néanmoins, suite au dépistage, certaines femmes se voient diagnostiquer un cancer qui n’aurait pas entraîné de maladie ou de décès. À l’heure actuelle, il est impossible d’identifier les femmes concernées, qui risquent donc de subir une ablation du sein ou de la grosseur et de recevoir une radiothérapie inutilement. Si l’on considère que le dépistage réduit la mortalité par cancer du sein de 15 % au bout de 13 ans de suivi et que le surdiagnostic et le surtraitement s’élèvent à 30 %, cela signifie que, pour 2 000 femmes invitées à participer à un dépistage au cours d’une période de 10 ans, un décès par cancer du sein sera évité et 10 femmes en bonne santé qui n’auraient pas été diagnostiquées si elles n’avaient pas participé au dépistage seront traitées inutilement. En outre, plus de 200 femmes se trouveront dans une situation de détresse psychologique, d’anxiété et d’incertitude importantes pendant des années en raison de résultats faussement positifs.

 Les femmes invitées à participer à un dépistage devraient être pleinement informées des effets bénéfiques et délétères. Pour garantir le respect du choix éclairé des femmes envisageant de participer à un programme de dépistage, nous avons rédigé une brochure factuelle destinée au grand public et disponible dans sept langues à l’adresse http://www.cochrane.dk. En raison des importants progrès réalisés en matière de traitement et d’une plus grande sensibilisation au cancer du sein depuis la réalisation de ces essais, il est probable que l’effet absolu du dépistage soit aujourd’hui plus limité. De récentes études observationnelles suggèrent que le dépistage entraîne davantage de surdiagnostics que dans ces essais et une réduction limitée ou inexistante de l’incidence des cancers avancés.

 Pour en savoir plus :

http://cochrane.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=4827&recherche=cancer+sein&Itemid=537

Une petite idée sur une « culture rose »

Y aurait-il une proximité entre la « culture gay » et la « culture rose » ?
On défile dans les rues, en « gay pride » et en « courses roses ». On accroche un ruban à sa poitrine, on a ses stars porte-drapeaux et victimes sacrificielles.
Et tout ça nous vient des États-unis…
Peut-être que la proximité s’arrête à la forme ?
La culture gay n’a a priori rien de consensuel. Elle est un havre, un refuge pour une population exclue de la société en particulier par une norme religieuse qui faisait la norme sociale. Elle s’est structurée entre autres dans la revendication de soin dès l’apparition du sida et dans la revendication de considération et d’acceptation dans la dépénalisation de l’homosexualité. De fait la communauté gay existait avant le sida, mais le sida l’a fortement soudée.
Elle a en quelque sorte su remodeler rapidement un «environnement de pensée » sur l’homosexualité (quand bien même les vieilles représentations restent présentes). Ces choses se sont faites dans le rapport de force, dans la provocation parfois, dans la réaction à l’ordre établi. Mais, les lignes ont bougé.
La culture rose, c’est un peu différent. La société est unanimement mobilisée contre le cancer du sein. Ce n’est pas une maladie que certains associent à un comportement dit déviant (quoiqu’on pointe quand même du doigt ces vilaines femmes qui ne font pas de sport, qui fument et boivent, qui mangent du chocolat et se gavent de pâtisseries).
Elle s’est comme élaborée selon le modèle de la « culture gay ». Faute d’imagination ou pour faire pareil, elle a repris l’idée du ruban en l’édulcorant et en a fait un ruban de fille plus soft.
Une « gay pride » est une manifestation déjantée, une exhibition païenne, un pied de nez aux convenances. Une course rose est un défilé d’uniformes de ticheurtes roses avec en guise d’épaulette le petit ruban et des danses au pas de l’oie.
Pourtant il y a quelque chose dans l’émergence de la culture rose qui serait comme une réaction à un ordre établi. C’était l’ébauche d’une démarche féministe et puis, rapidement elle est devenue son contraire, ou peut-être faut-il y voir un féminisme « soft » ?
Il y a bien eu la volonté de faire savoir que la maladie touche une population importante d’un seul sexe et que cette maladie touche à son identité. De même que revendiquer un soin qui s’articule autour de ce point identitaire était donner de la considération à cette spécificité et sortir d’un soin limité à la femelle gestante. Les femmes ont progressivement investi l’idée de féminité autrement qu’en la niant, la cachant, ou en ayant honte de cette féminité encombrante dite hystérique.
Par un logique retournement de situation, ces spécificités identitaires ont été accaparées par un même système infantilisant. On a finalement bien voulu reconnaître ce drame féminin comme réel. Mais on l’a regardé aussitôt comme préjudiciable au bonheur des hommes.
Eh oui! une femme malade de ses seins est moins désirable…Et si elle souffre psychiquement et qu’elle déprime, sa libido en berne va nuire à celle de son mari.
On voulait d’abord être soignée et considérée en tant que femme meurtrie dans cette féminité oblitérée par une médecine unisexe dominée par le modèle masculin. Mais en tant que femme, non en tant que femme-enfant ou femme-objet.
Ce qui veut dire que ce cancer du sein, de drame personnel est devenu drame social. Des femmes de président des États-Unis avaient été touchées et le disaient. Soudain on en parlait.
Mais en même temps, les femmes ont laissé se structurer l’image de cette féminité selon l’angle du désir masculin. Elles ont en quelque sorte figé cette notion de « féminité » dans des stéréotypes, toujours selon le regard masculin.
Si la culture gay est plus sauvage et libertaire, ce n’est pas le cas de la culture rose aussitôt appropriée et construite par le génie du marketing.
La pseudo culture rose est accaparée totalement par le commerce de la santé et de la beauté. Il suffit de regarder qui sont les financeurs et comment cette culture s’exprime.
Ce côté féministe, à l’égal de la couleur de la robe de Barbie, s’est pastélisé et affadi, il n’a même pas eu le temps d’émerger en fait.
La « culture rose » est surtout politiquement correcte.
En revanche l’intrusion progressive de cette culture dans les pays émergents, très souvent musulmans, reste une forme de féminisme. Un féminisme « doux » où il ne s’agit pas de revendiquer une liberté inaudible par les hommes mais un droit au soin de la féminité. Dire que l’on soigne ce qui fait la féminité c’est dire aussi que la société reconnaît et accepte son existence et surtout… Soignée dans le cadre de ce que l’on soigne chez un être humain… c’est dire que l’on est un être humain. C’est donner aux femmes un statut qui ne serait plus celui du bétail, qui une fois de plus ne les réduit pas à leur fonction de femelle gestante.
J’ai rencontré en France des Algériennes dont le mari envisageait leur retour au pays et la répudiation comme on jetterait un objet défectueux. Cela signifiait pour elles l’arrêt des soins.
C’est aussi pour les jeunes citoyennes et relais d’opinion de ces pays qui soutiennent la « culture rose » une prise de parole de femme…C’est un début. On voit là que l’enjeu dépasse le problème médical en soi.
C’est tout juste un problème politique sinon éthique ou même simplement humain. Les femmes sont des hommes comme les autres !
Ce qu’elles ne mesurent pas, c’est la perfidie du message. Quand elles entrevoient de prendre enfin leur vie, leur destin en main en acceptant ce modèle occidental de ce qui leur semble un « progrès » médical, elles changent à peine de maîtres. Elles font par ce biais le marché d’un commerce de santé.
Commerce pour l’industrie médicale et cosmétique de l’occident et pour une élite médicale (et masculine en grande part) de leurs propres pays.

Cela dit, un point commun de ces cultures et non des moindres est la célébration du « corps » et la relation à faire entre : – corps- identité- sexe(-ualité).

Octobre Rose, fin

À présent une petite synthèse pour ranger les petites emplettes de la « foirfouille » d’Octobre Rose.

Octobre Rose fut créé aux Etats-Unis par une entreprise d’industrie médicale fabricant des machines à mammographies, par un fabricant de films pour ces mêmes mammographes et un laboratoire pharmaceutique (voir no mammo de Rachel Campergue). Le but déclaré était, et est encore de, « sensibiliser » au cancer du sein, lever des fonds pour des recherches et promouvoir le dépistage.

Les gentils sont sensibles aux efforts financiers de ces entreprises très concernées, les méchantes comme moi, supposent que ces entreprises assurent leur continuité économique en :

– En associant leur nom à une démarche caritative et s’acheter ainsi une publicité facile.

– En créant des nouveaux besoins de santé afin d’augmenter le nombre de clientes.

Pourquoi ? Sous couvert de sensibilisation, l’objectif essentiel est d’augmenter le recours à la mammographie, donc le nombre de déclarations de cancer du sein, donc le nombre de prescriptions en médicaments et de suivis grâce à la mammographie. Il suffit de repérer dans l’ensemble de la communication d’Octobre Rose la part (du lion) faite à la promotion de la mammographie.

Il est possible que ces mêmes entreprises, quoique tentant d’augmenter leurs ressources, n’ont pas pensé nuire aux patientes mais uniquement toucher par ce fait un maximum de femmes concernées. La critique de la mammographie et des risques inhérents aux rayonnements est récente, ainsi que la critique de l’efficacité réelle du dépistage qui ne date que d’une dizaine d’années. Ce n’est encore qu’une critique. Concernant l’apport réel du dépistage organisé, la communauté médicale est partagée.

En revanche elle est moins partagée quant aux inconvénients d’un rayonnement itératif à partir de quarante ans. Pourtant les entreprises intéressées continuent à pousser à la roue…

C’est grâce à la sensibilité exacerbée des femmes concernant cette pathologie et au formatage des femmes depuis les années cinquante en « consommatrices» que des fabricants de produits de beauté ont compris quelle merveilleuse opportunité de gains d’argent allait se proposer. Ces entreprises ont associé leur nom à la cause du cancer du sein et bénéficient depuis d’une publicité facile. Les femmes croient consommer éthiquement alors qu’elles entretiennent des sociétés d’un cynisme absolu. L’investissement ne leur coûte pas plus cher que des messages publicitaires, alors que les bénéfices explosent.

En France, Octobre Rose est soutenu par nos institutions, collectivités locales, associations de patientes etc. le rayonnement de ce mouvement est immense, à Paris comme en Province. Les médias toujours avides d’ émotions relaient le sujet et ne lésinent pas en messages-chocs.

Le grand public est convaincu que le cancer du sein se soigne bien pourvu qu’on le dépiste tôt. Comme si d’une certaine façon il n’y avait qu’un type de maladie fonctionnant à l’identique chez toutes les patientes, patientes qui seraient elles-mêmes toutes identiques.

C’est normal, c’est ce qu’on en dit depuis au moins vingt ans, on se comporte selon ce paradigme sans plus le questionner.

Il ne vient donc à l’idée de personne que le dépistage n’apporte pas la solution. Et même si cette question se pose, nous sommes tous dans le déni de cette réalité car elle ne nous « arrange » pas. D’où la surdité de nos institutions.

Depuis quelques décennies, la teneur du discours concernant le cancer se veut un discours de « maîtrise » de la maladie grâce au progrès scientifique et cela en contrepoids au renoncement associé à l’idée de fatalité.

C’est partiellement juste. Des progrès ont été faits et la maladie (qui est en fait plusieurs maladies) est mieux comprise.

Nos institutions soignent l’opinion et n’ont pas une réelle politique de santé exigeante  en regard constant de ce que nous dit la science.

Nos institutions autorisent (en critiquant du bout des lèvres, voir le rapport sur l’éthique du dépistage organisé de l’inca) que les méthodes de communication d’octobre rose soient paternalistes et prennent les femmes pour des poupées décérébrées. La cause serait bonne, peu importent les moyens, seul compte le résultat.

De façon plus sournoise, « Octobre Rose » a fait de l ‘événement une fête, un rendez-vous annuel où les femmes aiment se rencontrer. Elles ont là le sentiment de braver le cancer du sein, de le maîtriser et de plus c’est un lien avec les médecins qui sont investis dans la cause. Cette solidarité sociale, ce chant choral est source de bonheur.

Or Octobre Rose crée un climat d’anxiété associé au cancer du sein. Cette sensibilisation se déroulant sur trente jours qui répète à l’envi des témoignages, des injonctions au dépistage…suggère un environnement de maladie, une forte proximité avec elle. Si on claironne le fort taux de guérison, on n’oublie jamais en introduction systématique et stéréotypée de dire que c’est la première cause de mortalité des femmes, de dire que 1 femme sur 8 est touchée.

La seule évocation de la locution « cancer du sein » suggère en soi, ce comble de non-féminité (supposée) qui est un buste sans sein.

On voit bien que ce contexte anxiogène suscite un climat émotionnel très fort entretenu et instrumentalisé par le discours imprécis et paternaliste de la promotion du dépistage organisé. Ce que les femmes ne savent pas vraiment, c’est que l’on détecte certes des cancers grâce au dépistage mais que beaucoup de femmes sont opérées pour rien, sursoignées, mastectomisées alors que justement c’était ce qu’elles voulaient éviter. Elles ne savent pas non plus que bien que dépistés très tôt des maladies vont évoluer quand même, et que d’autres cancers non-dépistés ( que l’on voit ou ressent au toucher) se soignent aisément.

La médecine, la « bonne » médecine n’est pas chose simple, qui est donnée une fois pour toutes sans que l’on renégocie ou réévalue son enseignement. Faire une mammographie est un acte qui nous engage. Il vaut mieux se renseigner, en discuter avec son médecin, et faire un choix à tête reposée.

Octobre Rose, grande foire d’automne 3

N’y a t’il donc rien de bien dans Octobre Rose ? Si, bien sûr. Un petit peu, un tout petit peu…Une conférence, une discussion…

Les lucides qui désirent élever le niveau et ne pas être en reste essaient de faire quelque chose. Car il ne faut pas être en reste. Si on ne trouve pas qui réellement gère Octobre Rose en France c’est parce que personne ne  gère. C’est une sorte de « label » importé par des associations et accaparé par nos institutions qui soignent l’opinion. Un label populiste où nos institutions s’investissent avec les impôts des contribuables en attendant de tous qu’ils s’associent à la grand-messe. C’est vrai que cette belle unanimité entre la médecine (démagogique…Celle qui se médiatise la larme à l’oeil… ), le ministère , les mairies, conseils régionaux, l’INCa, les médias fait chaud au cœur. Tous d’accord contre le cancer du sein, même moi !

Il faut donc en être…Ne pas en être serait comme être le seul à ne pas faire de cadeau au couple qui vient de nous inviter à leur mariage, on a l’air de quoi !

Mais ce qui réunit tout ce monde est surtout l’aspect fédéralo-raccoleur de la « cause ». Le sein, c’est un truc « trop fort ». Les femmes y tiennent plus que tout, les hommes aussi. C’est utile à pleins de choses. On donne du lait à ses enfants, ce sont des doudous merveilleux pour les compagnes ou compagnons, ils font de nous des vraies femmes quand ils poussent, nous permettent de les « cacher-montrer », ils sont des objets de « désir ». les râleuses en aimeraient de plus grands, ou de plus petits. Les contentes  trouvent que les leurs sont beaux. Ils sont nos meilleurs atouts. On les voit partout, on vend avec eux des voitures, des assurances, des parfums. Les seins, c’est magique.

Et bing, t’es malade, le monde s’écroule. Si on t’en coupe un, voire les deux, le rêve devient cauchemar. Tu n’es plus montrable, désirable…c’est une figure hideuse. J’exagère ?

Allons, soyons sincères. Mettons nous dans une cervelle vide, oublions tout et là soudain une petite voix susurre « cancer du sein ». On pense à quoi ?

Au buste d’amazone avec une grande cicatrice, au buste plat…et au crâne chauve…et pas du tout aux  90 % de guérison.

Voilà ce que je reproche à Octobre Rose, entre autres. Réunir toutes les femmes et les hommes autour d’une  peur et masquer cette peur dans un discours positif odieux pour ces femmes  qui sont malades et qui n’ont même pas le bon goût de guérir. Ne vous montrez pas les filles, on préfère voir la jolie petite brune avec ses deux jolis petits seins…

On entre dedans comme dans la forêt profonde et dès cet instant on a peur du loup. Plus moyen d’en sortir, c’est trop tard. Il ne reste qu’à proposer les belles friandises dans son petit panier pour faire diversion et convoquer le chasseur avant que le loup ne vous dévore.

Moi quand j’entends le loup, je cours le plus vite que je peux. Je n’ai pas le temps ni la capacité de réfléchir quand j’ai peur. J’ obéis aux injonctions du chasseur: – vas te faire dépister, vas te faire dépister !

L’ennui c’est que le chasseur a un fusil grippé, vieux, mal graissé et enrayé. Le dépistage a du plomb dans l’aile pour rester dans la métaphore cynégétique.

Ce n’est pas vraiment vrai que « plus on dépiste tôt mieux on soigne ». La plupart des femmes sont dans le cas d’un cancer symptomatique (une boule que l’on sent, un mamelon qui se rétracte etc) et ne sont pas condamnées pour autant (ouf), il n’est pas « trop tard ». Et d’autres, j’en connais, au cancer dépisté tout petit- petit, sont dans la maladie et récidivent.

Après il reste les mots dans le panier. Les incantations, les « je vous salue Marie » qu’on répète à perdre haleine, les formules magiques, les « abracadabra ».

Allez, en vrac : -reconstruction immédiate, moins de mastectomies, moins de traitements invasifs…,peu d’effets secondaires…,un beau plan personnalisé de soins…,une prise en charge psychologique…une consultation d’annonce…

Tous ces discours stéréotypés qu’on entend partout comme si de les dire et de les répéter allait les rendre effectifs. La méthode Coué du cancer du sein, celle où on crée la réalité qui n’existe pas.

 Je vous renvoie vers les travaux de l’institut Cochrane   dégagé de tout conflit d’intérêts

 http://www.cochrane.dk/screening/index-fr.htm

 Résumé :

« Il peut être raisonnable de participer au dépistage du cancer du sein par mammographie, mais il peut être tout aussi raisonnable de ne pas s’y soumettre, parce que ce dépistage présente à la fois des bienfaits et des dommages.

Si 2000 femmes sont examinées régulièrement pendant 10 ans, une seule d’entre elles bénéficiera réellement du dépistage par le fait qu’elle évitera ainsi la mort par cancer du sein.

Dans le même temps, 10 femmes en bonne santé deviendront, à cause de ce dépistage, des patientes cancéreuses et seront traitées inutilement. Ces femmes perdront une partie ou la totalité de leur sein et elles recevront souvent une radiothérapie et parfois une chimiothérapie.

En outre, environ 200 femmes en bonne santé seront victimes d’une fausse alerte. Le stress psychologique de l’attente du résultat pour savoir si elles ont vraiment un cancer et celui de la suite des soins, peut être sévère. »

 Et bien-sûr pour en savoir plus encore, no mammo  de Rachel Campergue