Manuela. Plus qu’un nom dans une liste.

Il y a trois semaines c’était Hélène. Aujourd’hui Manuela.

Merde.

Funestes mardis.

Manuela lundi dernier nous avions prévu de nous rappeler, c’était prévu.

C’est nul de le dire…mais je me sens abandonnée.

Je craignais parfois son franc parler. C’était un électron libre, parfaitement libre.

J’aimerais avoir autant d’amour qu’elle à donner.

Dans la cuisine http://kitchenbazar.eu/ qu’elle faisait et donnait.

Dans ces immenses petits riens de mémoire http://jewishtraces.org/ qu’elle glanait avec opiniâtreté pour laisser des traces, des traces de passage.

Encore « ein Mensch » en moins.

Fuck le cancer http://fuckmycancer.fr/

Allez-y, lisez la ! Elle dit tout bien mieux que je ne saurais le dire.

Amitiés pour son mari, ses enfants et petits-enfants.

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Première lecture du matin. Un twitt de Manuela: Hélène est morte. Fuck le cancer

 

Nous nous lisions de loin en loin et nous nous commentions mutuellement nos billets de blog, c’est tout.

Un jour, je lis d’elle un message de tristesse, de déprime, de solitude.

J’ai pris un billet de train et suis allé la voir.

Je n’en reviens toujours pas. M’inviter comme ça au débotté chez quelqu’un qui n’a peut-être pas su me dire non, elle qui ne me connaissait pas !

J’y allais pour l’aider…C’est elle qui me faisait la popote.

Elle m’a promené trois jours dans sa campagne fabuleuse, sur sa Loire magnifique.

Nous avons papoté. Famille, cancer, littérature, jardin, bricolage…

Nous nous sommes rencontrées dans la même obsession. Comment la shoah avait elle pu être possible ?

Nous partagions une sorte de constat effaré devant la cruauté du monde dont nous faisions partie et que nous aimions.

J’emprunte au Yiddish ce mot qui lui va si bien: Hélène était et reste ein « Mensch ».

 

http://lacrabahuteuse.fr/a-propos-de-lauteur/

 

Des bises aux schtroumpfs