Les camions qui passent…

 

Les camions qui passent, la foule nombreuse et bigarrée allègent le poids symbolique du camp.

C’est rassurant pour moi d’entendre les grincements des freins de camion. Bien plus que d’entendre le silence du vide.

Je crois même que je m’y accroche un peu.

Est ce que les chauffeurs des camions savent à côté de quel lieu ils passent ? Comment pensent-ils la présence de ce lieu et les habitants d’Oswiecim comment vivent-ils le voisinage du camp?

Nous déambulons entre les blocks en croisant de temps à autres de petits abris anti-aériens destinés à protéger les gardiens du camp.

Il n’a jamais été bombardé, les abris ont été inutiles.

Sur la place d’appel, une petite guérite en bois abritait le gardien du froid et de la pluie pendant les longues séances d’appel. Ces objets destinés au confort des gardiens me paraissent totalement incongrus.

Je ne cesse de me demander dans quel état d’esprit peut se trouver un soldat dans un petit édicule à l’abri du froid face à une foule de personnes affamées, grelottantes, quasi nues !

Je sais que la réflexion est bête…au vu du reste… à quelques mètres du mur d’exécution, et de la chambre à gaz.

Mais cette pensée ne lâche pas.

Les nazis seraient donc des personnes sensibles et fragiles !

Ils écrivent peut-être dans leurs lettres aux parents, à leurs épouses ou fiancées qu’il fait atrocement froid dans leurs guérites en bois et leurs familles se désolent de leur inconfort!

Leurs casquettes, leurs manteaux, leurs gants, leurs cravaches, leurs bottes… Leur attitude en général témoigne d’une sorte de raideur de robot qui les mécanise et les désincarne de sorte que mon imaginaire semble refuser qu’ils puissent avoir le souci de leur bien-être.

C’est à la fois ridicule et pitoyable.

 

Le monsieur à la kippa demande à la guide pour quelle raison ni Auschwitz, ni le chemin de fer menant à Auschwitz n’ont jamais été bombardé.

Je ressens dans son regard une rage désespérée.

La guide répond comme il est d’usage de répondre.

« On voulait sans doute ne pas bombarder les déportés. »

Face à l’inanité de sa propre réponse elle finit par hausser les épaules.

 

Nous allons dans la chambre à gaz.

J’ai marché dans ce cube de béton où des milliers de personnes ont vécu la terreur et sont mortes sans comprendre pourquoi.

Les lieux sont vides à présent et silencieux.

Nous allons sortir du camp et dans un instant de panique je crains de ne pas en trouver la sortie. Elle se cache derrière un tournant, comme si l’endroit pour sortir du camp n’avait pas été pensé.

Nous devons passer un portique métallique qui, ironique et cruel, refuse de céder à ma poussée.

 

La visite guidée comporte celle d’Auschwitz1 plus Auschwitz-Birkenau.

Le camp « primitif » d’Auschwitz existait déjà avant guerre en banlieue d’Auschwitz (Oswiecim en Polonais). Il fut considérablement agrandi avec Birkenau et Monowitz. Il ne reste rien de Monowitz.

En revanche Birkenau est resté un lieu de visite à deux kilomètres approximativement du camp1. Une navette nous emporte avec le reste de notre groupe vers Birkenau.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s