Air France épisode 3, informatique, médecine et autres…

Il suffit donc de twitter l’expression « air France » pour que quelque part dans la stratosphère de la compagnie un voyant rouge clignote.

Par deux fois j’ai twiitté un texte où je me plaignais :

  • 1- de ce qu’air France possède une informatique indigente
  • 2- de ce qu’air France ne soit pas capable de suppléer à l’indigence de son informatique.

J’ajoute donc en point 3 qu’air France a une alerte qui bippe quand on le twitte mais n’est pas capable de dépasser le:

-on va prendre contact avec vous….

Vaines promesses jamais suivies d’effet, j’attends toujours et en même temps j’ai compris et je n’attends plus rien.

Alors, toujours à la gloire des sages et lucides décisions de mon beauf. Il faut bien se rendre à l’évidence, air France n’apporte rien en plus qu’une compagnie à bas prix sinon le souvenir d’une gloire passée, le risque d’une grève et un prix trois fois plus élevé.

Cette petite expérience sans conséquence me questionne sur notre fonctionnement illogique.

Dans tous les domaines, du privé à l’institutionnel, des êtres humains ont mis en place des ordinateurs pour leur faciliter la tâche. C’est ce que l’on dit.

L’ordinateur doit prendre en charge la tâche systématique et soulager l’homme de cet aspect routinier et chronophage. L’homme serait donc libéré et pourrait consacrer son énergie à un travail constructif et créateur.

Mais l’homme coûtant cher on décide de le remplacer par l’ordinateur qui lui ne coûte rien ! C’est ce que l’on dit.

Et cerise sur le gâteau, on tente de créer l’ordinateur créateur et constructif !

Or l’ordinateur étant ce qu’il est, c’est à dire juste une machine, il faut quand même embaucher des hommes pour arranger les dysfonctionnements de la machine.

….Après coup…

Et rester assujetti à la machine car un itinéraire bis, hors d’elle, n’est pas imaginé.

Invariablement on en reviendra à l’obligation d’exister dans l’univers de l’ordinateur, c’est à dire être reconnu par lui.

Avoir un numéro de dossier et donc savoir dépasser les niveaux d’un jeu vidéo…

Remplir tous les items, avoir une case pour son cas personnel, savoir lire le captcha, avoir téléchargé le logiciel adapté etc, etc. Tout cela sans dépasser le temps imparti et toujours sous limite que quelqu’un en amont ait intégré les données nécessaires (dans notre cas un numéro de vol) pour que la situation devienne existante pour l’ordinateur.

Je sais bien que certains diront que l’ordinateur n’est qu’une machine et qu’il suffit de bien le programmer et le problème sera réglé et, je pense que non.

J’ai le sentiment que nous imaginons notre monde à l’envers en voulant programmer l’homme selon la machine et non l’inverse.

  • 1- nous concevons des ordinateurs incontournables où les hommes exploitent leur énergie à réfléchir le « contournement ». Comment trouver à utiliser un outil rebelle mais obligatoire !
  • 2- nous sommes en admiration béate devant la possibilité inouïe de travail systématique et à large échelle de la machine à tel point que nous imaginons maintenant qu’un travail doit se faire de cette façon et que nous l’élargissons à ce que l’homme doit faire.

J’en veux pour exemple:

En médecine les propositions de questionnaires à faire au patient sont de longues listes d’éléments qui se superposent et ont pour effet néfaste de réduire le patient à ces questions.

Le dialogue simple du patient avec le soignant permettait au patient de raconter son histoire au détour de quelques questions dirigées. Maintenant le patient sera juste celui qui boit plus de trois verres par jour, celui qui a un parent diabétique, et celui qui conduit sa voiture. Après un logiciel pourra calculer la pertinence d’un traitement et lequel.

Généralement le logiciel ne proposera pas de ne pas prescrire de traitement car il aura été conçu à l’aide des sous de big-pharma ou de la recherche sponsorisée par big-pharma mais ça c’est un sujet différent.

L’expression idiomatique  « prise en charge » est un résumé de cette notion. La prise en charge impliquant nécessairement de « proposer » au patient tout ce que la médecine ou la proto-médecine a envisagé de près ou de loin comme ayant une relation quelconque avec le sujet en faisant abstraction de la réalité.

Allez, j’ose et je vais plus loin.

Quelle est donc cette réalité ? C’est celle d’être un homme humain. Il boit, fume, mange trop ou trop peu. Quand il ne fume pas il se peut qu’il courre…Il court trop, trop longtemps, il est dépendant. Toujours dépendant, presque comme si être humain serait être dépendant. Dépendant de twitter, de la collection de timbres, de la prose de Proust, de l’ordinateur, de la télé, de Dieu…

La prise en charge proposée est idéale pour l’homme-robot. Celui qui serait un ordinateur auquel on dirait de faire tout dans la mesure et hop, bingo, comme par magie, il le ferait, il saurait le faire. Il saurait cesser de boire, de fumer, de manger, de courir.

Mais je m’égare, je parlais d’air France auquel je refuse les majuscules qu’il ne mérite pas mais mon ordinateur qui agit sans mon autorisation met intempestivement une majuscule à France. C’est comme ça qu’il est programmé !

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2 réflexions au sujet de « Air France épisode 3, informatique, médecine et autres… »

  1. Il m’a été raconté l’histoire d’une femme atteinte d’un cancer du sein, dont les 2 cousines sont décédées de cette maladie. Lors du questionnaire que cette femme a du subir, elle a bien essayé de dire que son grand père agriculteur l’emmenait elle et ses cousines quand elles étaient enfants sur le tracteur lorsqui’l il allait épandre le DDT dans les champs (à l’époque où le DDT n’était pas encore interdit ) , la femme qui tenait la souris de l’ordinateur pour cocher les cases ne l’écoutait pas et pour cause, il n’y avait aucune case de prévue pour ce genre de remarque.

  2. je suis à peine surprise. Opérée d’un cancer du sein il y a 13 ans, on ne m’a jamais posé la question de savoir si j’avais pris la pilule. Dans ma logique de non-médecin, j’eusse trouvé normal que l’on se demande si ce modificateur hormonal pouvait être mis en cause. Cette question se pose bien avec les THS n’est ce pas? Cela dit même avec les Ths ça a été difficile.
    Mais le consensus médical pro-pilule contraceptive l’excluait de facto de toute hypothèse. En revanche on m’a demandé si dans ma famille il existait des précédents de cancer du sein. il est toujours plus facile de renvoyer le patient à lui-même…sa clope, son poids, ses gènes etc
    Alors je ne conteste en rien la relation de la cigarette avec le cancer, ou de l’alimentation avec le cancer…mais je m’agace du déni des facteurs environnementaux ou iatrogéniques. Non pas qu’il s’agisse d’ « accuser » des pollueurs etc mais il s’agit de mesurer les facteurs d’impact et de voir dans quelle mesure on peut les éviter.
    Avancer avec ce que l’on sait et faire évoluer ses comportements selon ce que l’on sait.

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