bien-pensance radiophonique

J’écoute la radio.

Des bonnes et des moins bonnes.

Des bien-pensantes avec peu de publicité.

Des moins pensantes avec beaucoup de publicité, surtout quand les bien-pensantes sont en grève.

Mais n’opposons pas les bien-pensantes aux moins pensantes; les bien-pensantes sont parfois bien moins pensantes mais on ne le sait pas…La bien-pensance donne l’illusion de penser et cette illusion me chiffonne.

Parmi les bien-pensantes, la plus puissamment bien pensante est France inter.

France culture pense beaucoup, mais heureusement pas toujours le « bien ».

Sur France-inter, un téléphone sonne se consacre aux vaccins.

http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-faut-il-avoir-des-doutes-sur-les-vaccins

Consacrer : dédier à Dieu, vouer.

Oui, c’est bien de « consacrer » les vaccins qu’il s’agit.

Les deux invités sont le professeur François Bricaire médecin chef du service des maladies infectieuses de la Pitié Salpêtrière et Michèle Rivasi, députée européenne écologiste (agrégée en sciences naturelles). Plus, bien sûr, Danielle Messager journaliste de Fr inter en charge des questions de santé et Pierre Weill.

J’ai lâché en route.

En gros Michelle Rivasi était la farfelue extrémiste et adepte de la théorie du complot des méchants laboratoires pharmaceutiques qui veulent vendre leur potion et le Pr Bricaire lui, c’était le gentil Schweitzer sauvant l’humanité devant tous ces irresponsables qui ne respectent pas la médecine dans ses œuvres.

L’émission est organisée en dépit du bon sens mais magnifiquement dans les clous de la bien-pensance.

Il faut dire que le petit cheveu sur la langue du Pr Bricaire angélise ses propos alors que l’ « obsession » de Michelle Rivasi concernant les confits d’intérêts nuit à celle-ci.

Y avait-il de la part de Danielle Messager et de Pierre Weill un parti pris ?

Pierre Weill a fini par faire remarquer à Michelle Rivasi que le Pr Bricaire est médecin, lui…

Pourtant c’est bien Pierre Weill, entre autres, qui a invité les orateurs. Cela n’a pas de sens d’inviter des orateurs dont on ne peut accepter une équivalence dans la valeur des propos.

De même qu’inviter le Pr Bricaire dans une émission qui mettrait en doute toute une vie de travail est psychologiquement très maladroit.

Je ne vois pas un journaliste de Fr inter critiquer longuement sa propre émission.

Entendez que ce n’est pas le Pr Bricaire qui est critiqué mais le rôle qu’on veut lui faire tenir et qui ne doit pas être le sien.

Il ne s’agit même pas d’évoquer le conflit d’intérêts. Il me semble logique qu’un chef de service en infectiologie travaille avec des laboratoires, construise des relations de partenariat avec eux et le nez dans le guidon, crispé sur des chiffres, des études, des logiques de pensée, il n’est simplement pas capable d’observer une distance critique car il est à l’intérieur du système.

Pour peu que la pérennité de certains travaux dépende en grande partie de l’argent industriel, la messe est dite. Il ne peut être que reconnaissant !

Comme le patient sauvé par son médecin. Il ne va pas regarder dans le détail. Il ne va pas cracher dans la soupe.

Cette émission fut déséquilibrée. Fr inter aurait du inviter un médecin-« expert » en vaccins qui sache parler d’une balance bénéfices-risques, de ce qui se fait ailleurs, du prix des vaccins, de la pénurie de certains vaccins au bénéfice d’autres, de science et d’épidémiologie. Un « expert » réel et non pas un savant. Un épidémiologiste digne de ce nom. L’expert est celui qui sait tout à un moment donné et le met en perspective avec le reste.

Je m’adresse ici personnellement à Danielle Messager qui à mon sens définit bien le problème.

Critiquer des vaccins revient à critiquer la vaccination en général. Et c’est dommage. Michelle Rivasi le dit aussi.

Mais ce n’est pas la promotion de tous les vaccins qui saura sauver la vaccination.

Il a été dit que dans certains pays ils n’existe pas de vaccination obligatoire et pourtant le taux de vaccination est identique à la France. Il peut exister des citoyens responsables même en France si toutefois ceux-ci bénéficient d’une information honnête et non pas de propagande.

La France en est là. Le citoyen ne fait pas confiance en un état qui lui impose des actes sans toutefois s’assurer de la possibilité de leur exécution. Les vaccins obligatoires sont indisponibles et c’est un scandale tel que le dit Mme Rivasi.

Les journalistes se sont agacés de ce que Michelle Rivasi demande au Pr Bricaire quels sont ses conflits d’intérêts comme si cette question était inappropriée, voire insultante.

Or la question est là. Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui font notre politique de vaccination. La députée européenne peut sans aucun doute observer le lobbying permanent des labos dans les institutions européennes comme dans les institutions gouvernementales.

Il n’est pas possible de parler de médecine en ignorant délibérément la puissance du conflit d’intérêts.

Les laboratoires pharmaceutiques, c’est comme la nature. La nature n’est pas bonne ou mauvaise, elle croît et de se perpétue.

C’est à l’état, le défenseur du citoyen et de ses intérêts de veiller à construire les pare-feux. Et là nous pouvons revenir au sujet de départ : la bien-pensance.

Fr inter, radio d’« état » ou radio publique tient le même discours que le ministère de la santé et se trouve dans le déni de réalité comme au ministère.

Même si on peut ressentir chez Danielle Messager un léger frémissement, un début de doute pour ce qui concerne la réalité du commerce de la santé.

De là à pouvoir regarder avec distance critique nos institutions, il y a un pas.

Une certaine « utopie » ringarde est à l’œuvre.

La science, la recherche sont au service de la santé du citoyen.

Citoyen, met un genou à terre et baisse la tête.

Le Pr Bricaire dira bien que ce n’est pas aux parents de décider pour leurs enfants, c’est au médecin-expert (grâce aux sous des labos) et donc à l’état, conseillé par ce même médecin, de décider. Il dit aussi que le lien d’intérêt n’est pas le problème et que, au contraire, ne pas en avoir empêcherait d’être expert !

L’état sait ce qui est bon pour toi et veut tout prévenir pour supprimer la maladie.

Citoyen, met un genou à terre et baisse la tête.

L’état décide de tes vaccins, de tes traitements, de ta prévention parce que l’état veut la pureté !

La maladie doit être éradiquée ou mieux doit ne pas se développer, être empêchée d’apparaître comme si le corps était « pur » et qu’il était possible de le préserver de toute corruption.

Ce sont de vieux relents de scientisme mâtiné de rêve socialiste d’uniformisation.

Mais ce n’est pas de la médecine et surtout pas de la santé publique.

Quand le Pr Bricaire dit qu’il n’appartient pas aux parents de décider pour les enfants, serait ce donc à l’état de décider ?

L’état, ce parent maladroit avec ses leçons de morale et son regard bienveillant qui masque par ailleurs une faillite de la pensée et une servilité de l’esprit face au commerce et à l’industrie.

Car il s’agit bien pour moi d’une faillite de la pensée. La bien-pensance en soi ne se suffit pas.

Revenons à la radio mais à Fr culture cette fois ci et écoutons. http://www.franceculture.fr/emission-l-economie-en-questions-france-projet-de-loi-santeles-conditions

Brigitte Dormont, économiste de la santé finira son interview par quelques propos vaccinologues qui sont une synthèse de sa pensée. Mme Dormont déplore la mort d’un enfant de la rougeole parce qu’il n’était pas vacciné.

Parler pour un non-médecin de médecine implique d’avoir entendu et écouté des paroles nuancées, scientifiques et critiques.

1 –la médecine se pense autrement qu’en dogmes et en idéologie. Parler d’un sujet médical nécessite que l’on dépasse le stade du réflexe émotionnel.

2- On ne doit ignorer ce qu’implique la collaboration nécessaire entre médecins et industrie. En particulier la collaboration entre les « experts » et l’industrie.

Pour finir l’allusion à l’attitude australienne de suppression des allocations familiales aux familles refusant les vaccins préfigurerait elle de propositions à notre sympathique ministère de la santé ?

Petit aparté, J-Y Nau .

http://jeanyvesnau.com/2015/04/13/vous-refusez-les-obligations-vaccinales-vous-ne-toucherez-plus-les-allocations-familiales/.

signalait qu’il ne serait possible d’échapper à l’obligation vaccinale en Australie que pour des raisons de santé ou des motifs religieux. Bref uniquement pour ceux qui ne peuvent pas, soit choisir, soit penser pour leur corps !

Je crois que je vais courir acheter des actions vaccinologues, car quand tous les libéraux seront salariés et aux ordres des caisses et des mutuelles et non au service de leur patient, le corps des citoyens appartiendra à l’état partenaire des assurances privées.

Car voilà Brigitte Dormont dit aussi que c’est la mort annoncée de la médecine libérale.

Je dis depuis longtemps sur le ton de la plaisanterie à mon généraliste préféré qu’il est en fait fonctionnaire ou assimilé puisque majoritairement il est payé en tiers payant. Mais c’est une plaisanterie qui le crispe et le sujet mérite une vraie réflexion.

La médecine et son exercice présentent une polymorphie immense qui ne peut pas se réduire à cette seule opposition binaire du libéral et du non libéral, de l’hospitalier et du non hospitalier, du généraliste et du spécialiste, de l’allopathe et de l’autro-pathe.

Elle doit se réfléchir à partir du patient en prise avec son corps et aidé par son médecin. Pour cela la relation médecin-patient exige du médecin d’être avant tout au service du meilleur soin de son patient et non aux ordres d’une CPAM ou autre.

En revanche le meilleur soin du patient ne consiste pas en un maximum de soins. Le meilleur soin (pour moi) est le plus discret.

Or c’est tout le contraire qui est proposé. L’emprise mentale de la préoccupation de santé devient de plus en plus prégnante.

Je vous engage à être attentifs aux messages publicitaires de Fr inter qui sont majoritairement des publicités de mutuelles de santé ou d’institutions dédiées à la santé qui vantent des dépistages etc

D’évidence si les institutions gouvernementales réfléchissent la santé à partir d’expertises fausses, de travaux très savants mais monomaniaques qui ne savent se mettre en perspective avec le réel et sont le fruit d’un partenariat avec l’industrie, il sera impossible de réaliser un meilleur soin plus économe car ce n’est pas dans l’intérêt de l’industrie.

Il est urgent d’inventer un corps de médecins experts totalement libres de conflits d’intérêts, totalement; et d’imaginer en particulier pour les généralistes un observatoire à très long terme de la population. L’épidémiologie doit leur être confiée ils sont scientifiques mais leur diversité d’exercice, leur proximité de tout type de patient et leur éloignement des labos leur donne une vue synthétique, nuancée et moins partiale bref la meilleure façon de réfléchir une santé publique.

Sinon pécialement pour Pierre Weill. Ils sont médecins,eux… Il suffit de lire Hippocrate et Pindare, doc du 16, Ask, Luc périno et d’autres…

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