Bis repetita placent…Le Monde

Pourquoi « bis » ?

Parce que l’année dernière, au mois d’octobre, c’était pareil. Le journal « le Monde » faisait paraître une double page, achetée par une agence de communication et destinée à communiquer au sujet du cancer du sein…Et donc de ce fait destinée à vanter le dépistage organisé.

Les choses répétées plaisent.

Observons, et c’est un aspect positif, mais c’est bien le seul, que notre ministre n’y figure pas cette année.

Pour le reste, je répète, comme l’année dernière que nous ne pouvons qu’être mal à l’aise quand un journal sérieux comme Le Monde autorise ce type de publicité.

Est ce réellement de la publicité ?

Il est affiché « Grand Angle » avec le A en rose et il est écrit en petit « communiqué spécial cancer du sein» l’air sérieux comme si c’était un reportage.

C’est écrit tout petit en bas de la deuxième page dans l’espace grisé que la rédaction du quotidien n’a en rien participé à la rédaction de cette double page. Ce n’est donc pas un reportage du Monde, la rédaction n’y contrôle rien.

Vous bénéficiez de la crédibilité irréprochable de supports (presse, web) à l’audience nationale. Voilà ce que propose « CommEdition »sur son site. CommEdition est l’entreprise qui a acheté et créé ce double-page.

L’objectif est de faire une publicité qui n’y ressemble pas et d’apporter de l’information utile et qualitative à leur public et ainsi de prolonger et renforcer le lien existant entre un groupe ou une entreprise et ses clients. Vous avez bien lu : -lien -entreprise -clients.

On ne peut rien reprocher à l’entreprise de communication qui fait son travail, sinon de jouer sur l’ambiguïté d’une réputation de sérieux et par un mécanisme d’imposture donner l’illusion que ce travail est élaboré par le Monde quand il est payé et produit par des entreprises qui ont un intérêt commercial dans l’affaire. C’est une démarche courante, ce n’est pas pour autant qu’elle est honorable.

Ah oui, en aparté, je n’ai pas bien sûr le nom de ceux qui ont acheté ce travail de CommEdition mais j’ai le nom des nombreux clients de CommEdition.

Je vous laisse lire : Abbvie, Accuray, Ademe, ALK, Alcatel Lucent, Amgen, Atol, Bayer Healthcare, BNP Paribas, Boehringer Ingelheim, Celgène, Cellectis, CGTR, Club Med, Crédit Agricole, Edwards, Elekta, FEPEM, Ge Healthcare, Genomic Health, Genzyme, GSK, Groupama, HP, Hybrigenics, Infogreffe, Janssen, Kone, Krys, LFB, Lilly, Matmut, Neovacs, SNCF, Ocirp, Optic 2000, Orange, La Poste, Roche, Roche diagnostics, RSI, Salesforce, Sanofi, SFR, Shire, Siemens, Société Générale, Stallergenes, Vmware…

Tiens, Ge healthcare, genomic health, Roche, sanofi, Siemens entre autres…

Spécialement pour Ask et la Crabahuteuse : C’est Ge healthcare qui fabrique les beaux mammobiles qui sillonnent les campagnes désertes et cancérogènes ! Spécialement pour Rachel et Fuck my cancer Siemens fabrique de magnifiques mammographes roses, trop beau.

Je ne vais même pas chercher les correspondances des médicaments anti-cancéreux! Je sais que vous savez lire !

En fait, j’admire le travail. Le ruban rose en drapeau. Le buste nu en « captage d’attention » et rien que des mots sérieux et des titres accrocheurs.

Premier titre : Ne jamais relâcher les efforts !

L’article est signé d’Anne Pezet, professeure de management.

Elle veut aussi « mieux nous informer en sauvant des vies » grâce au dépistage et en profite pour vanter au passage les journées de la SFSPM en novembre.

Tiens là en deuxième page c’est le dr Lamia Boudiaf de Novartis qui parle. C’est donc sans doute en bonne partie Novartis qui paye.

Et nous attendrit. Oui, c’est trop gentil.

Novartis avec des associations de patientes organise des réunions pour rompre l’isolement etc.

Europa Donna y est aussi, qui l’eut cru. Même la Ligue en est.

C’est super bien construit tout ça. On mélange bons sentiments, innovation scientifique, engagement pour les patientes et esprit de citoyenneté.

Et tout ça dans Le Monde qui vend ses pages en sachant qu’il vend sa caution de journal sérieux. Je me demande si le quotidien autoriserait la même chose pour la promotion du cannabis médicalisé par exemple.

J’ai cité plus haut la SFSPM, société française de sénologie et de pathologie mammaire et son congrès en novembre. J’ai lu le petit article où en conclusion il est dit que « comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse ».

Donc comme chaque année disent-ils, on va en parler.

Entre soi ? Et se réchauffer de penser la même chose et se dire que oui, c’est bien dommage, il y a bien quelques surdiagnostics et surtraitements mais qu’est ce que c’est à côté de « milliers » de vies et de seins sauvés…Et avoir l’impression qu’il suffit d’évoquer le sujet pour se dédouaner de ne rien changer…On verra l’année prochaine…Car il est dit que…

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaq……………

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3 réflexions au sujet de “Bis repetita placent…Le Monde”

  1. Merci pour cette information.

    Elle a un coté « déprimant » : comment lutter efficacement contre la puissance de l’argent qui désinforme dans un but marketing?

    Peut être en le dénonçant comme tu le fais.

    Je viens de lire le commentaire de CMT sur Docteurdu16 qui parle des négociation en cours sur TAFTA . C’est effrayant . Les droits de l’homme passeront après la libre concurrence et donc le business.

    Le seul élément positif que je vois c’est l’augmentation d’intérêt de blog comme le tien , seul lieu où une analyse critique est consultable.

    1. Quand tu lis le dernier commentaire d’annette Lexa chez dr du 16, c’est encore plus déprimant et je crois vraiment qu’elle a raison. Ce système est présent aux Etats-Unis mais le citoyen étazunien n’est pas dupe, il connait son système. Ici on transpose avec l’illusion d’un état qui s’occupe du citoyen et je me demande encore si nos édiles se laissent mener par le bout du nez ou savent réellement qu’ils font le jeu du business. C’est vraiment déprimant d’autant plus que nos petits mots échangés entre nous sont bien insuffisants…

      1. Ce qui me déprime le plus c’est que le système favorise et encourage cette marchandisation de l’humain.
        Pour gagner sa vie en tant que médecin, il faut accepter d’être dans le système . De ce fait il faut appliquer les règles , suivre les injonctions et surtout, surtout ne pas pas réfléchir et ne pas se remettre en cause .
        Tout est fait pour une consommation toujours plus importante. L’expérience rapportée par le Docteurdu16 nous la vivons tous.
        Et quand on n’applique pas ,qu’ on veut prendre du recul, on subit les menaces des acteurs du système : « si tu ne fais pas , si tu ne prescris pas , tu risques le procès ».
        Par ailleurs, n’est valorisé que ce qui fait « consommer ».
        A-t-on jamais vu un médecin mis en cause parce qu’il faisait des ordonnances avec plus de 4 médicaments ? Jamais . Par contre ceux qui veulent déprescrire sont pointés du doigt.
        De plus, les patients sont pour le plus grand nombre sous l’influence du marketing d’où qu’il vienne.
        De plus personne ne leur explique que nouveautés ne signifie plus progrès .
        C’est plutôt le contraire qui est promu.
        Qui sait que les nouveaux anticoagulants qui sont largement prescrits aux patients sous l’appellation de progrès et qui ont permis leurs commercialisations sont des études de non infériorité: en d’autres termes ne font pas moins bien que les anciens alors qu’il est affirmé le contraire.

        Aujourd’hui je rêverais d’être rémunéré par le patient pour lui éviter te tomber dans le piège qui lui est tendu de la surmédicalisation . On lui affirme que c’est pour son bien mais il n’en est rien .
        Mais être rémunéré et gagner sa vie en tant que médecin pour maintenir le patient en bonne santé sans prescrire, est impossible .
        Or c’est ce qu’il faudrait aujourd’hui .
        Revenir à ce que la médecine chinoise pratiquait : payer le médecin tant que l’on est en bonne santé , ne plus le faire quand on est malade .
        Si c’était appliqué, les gens s’en porteraient mieux mais le chiffre d’affaire des acteurs industriels de la santé chuterait de façon importante ce qui serait considéré comme inacceptable.

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