Ambassadrices du dépistage le MIS sollicite les copines.

En quelques mots :

Le MIS, institut du sein à Montpellier propose sous une forme ludique aux copines de solliciter trois autres copines qui elles-même solliciteront trois autres copines etc.

http://www.le-mis.fr/Pages/118_Les-facteurs-de-risque-et-les-depistages-recommandes-.html

Cela ne vous rappelle rien ? Ces lettres de tonton Paul qui vous promet la fortune: « tu envoies dix francs à dix personnes que tu connais…et au bout tout le monde sera riche »…logique.

Et en même temps on se sent obligé envers tonton Paul qui est bien gentil et fait partie de la famille alors comment dire non ?

Je suis effondrée que la médecine française soit tombée aussi bas. Je ne veux pas penser que les médecins du MIS soient conscients de ce que présuppose ce procédé en terme d’infantilisation des femmes. Comme s’il fallait que le dépistage soit ludique ? C’est un acte médical…ce n’est pas la vente d’un produit de beauté ou d’un slip. Médecins, cessez de vous laisser embarquer dans des procédés de communication type marketing de boîtes de plastique. Il s’agit là de santé et les enjeux sont majeurs.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.

Pensez vous que le serment d’Hippocrate est respecté quand par le biais de copines des femmes se sentent tenues dans une certaine mesure à suivre un engagement qu’elles n’ont pas choisi mais que leurs chères copines ont choisi pour elles. Ce système me rappelle les réunions « tupp » où on va pour entretenir des relations de bon voisinage et parce que la dame espère ainsi gagner la cafetière promise par l’  « ambassadrice ». Nous avons grandi dans une société qui ne nous a pas appris à dire « non » (et surtout pas aux femmes) et ce procédé perfide joue de cela.

Même si tel que vous le pensez sans doute il faut aller au dépistage, de quel droit pouvez vous obliger moralement une personne à ce geste . Certains d’entre vous me répondront que la femme reste libre et n’y va pas les menottes aux poignets et que de plus le site renvoie vers les brochures institutionnelles de l’INCA et donc les femmes sont informées.

Et vous savez bien que non. Elles ne sont pas informées si au départ elles sont sollicitées selon un mode émotionnel. C’est toujours un procédé de marketing et il faut cesser de s‘y plier car la santé n’est pas à vendre.

Sur votre site, il y a même un compteur de femmes engagées…Que gagne t’on si on est la millième ou la dix-millième ? Une reconstruction gratos, une échographie gratos, une perruque ? Ou des tarifs en secteur 1 plutôt qu’en secteur 2 ?

L’ordre des médecins contrôle la couleur, la taille des plaques que chaque médecin installe devant chez lui mais regarde t’il cette publicité détournée ?

Je ne veux pas penser que cette démarche de marketing soit consciente. Je veux penser que les médecins se dégagent de la part « communication » de leurs entreprises. C’est moins pire.

Je n’imagine pas que les médecins de Gustave Roussy aient apporté leur caution scientifique au propos du petit film de la lionne et de l’autruche http://vimeo.com/108207160 comme je n’imagine pas que les médecins du MIS aient vraiment réfléchi à l’aspect éthique de cette démarche. Je ne l’imagine pas.

Bis repetita placent…Le Monde

Pourquoi « bis » ?

Parce que l’année dernière, au mois d’octobre, c’était pareil. Le journal « le Monde » faisait paraître une double page, achetée par une agence de communication et destinée à communiquer au sujet du cancer du sein…Et donc de ce fait destinée à vanter le dépistage organisé.

Les choses répétées plaisent.

Observons, et c’est un aspect positif, mais c’est bien le seul, que notre ministre n’y figure pas cette année.

Pour le reste, je répète, comme l’année dernière que nous ne pouvons qu’être mal à l’aise quand un journal sérieux comme Le Monde autorise ce type de publicité.

Est ce réellement de la publicité ?

Il est affiché « Grand Angle » avec le A en rose et il est écrit en petit « communiqué spécial cancer du sein» l’air sérieux comme si c’était un reportage.

C’est écrit tout petit en bas de la deuxième page dans l’espace grisé que la rédaction du quotidien n’a en rien participé à la rédaction de cette double page. Ce n’est donc pas un reportage du Monde, la rédaction n’y contrôle rien.

Vous bénéficiez de la crédibilité irréprochable de supports (presse, web) à l’audience nationale. Voilà ce que propose « CommEdition »sur son site. CommEdition est l’entreprise qui a acheté et créé ce double-page.

L’objectif est de faire une publicité qui n’y ressemble pas et d’apporter de l’information utile et qualitative à leur public et ainsi de prolonger et renforcer le lien existant entre un groupe ou une entreprise et ses clients. Vous avez bien lu : -lien -entreprise -clients.

On ne peut rien reprocher à l’entreprise de communication qui fait son travail, sinon de jouer sur l’ambiguïté d’une réputation de sérieux et par un mécanisme d’imposture donner l’illusion que ce travail est élaboré par le Monde quand il est payé et produit par des entreprises qui ont un intérêt commercial dans l’affaire. C’est une démarche courante, ce n’est pas pour autant qu’elle est honorable.

Ah oui, en aparté, je n’ai pas bien sûr le nom de ceux qui ont acheté ce travail de CommEdition mais j’ai le nom des nombreux clients de CommEdition.

Je vous laisse lire : Abbvie, Accuray, Ademe, ALK, Alcatel Lucent, Amgen, Atol, Bayer Healthcare, BNP Paribas, Boehringer Ingelheim, Celgène, Cellectis, CGTR, Club Med, Crédit Agricole, Edwards, Elekta, FEPEM, Ge Healthcare, Genomic Health, Genzyme, GSK, Groupama, HP, Hybrigenics, Infogreffe, Janssen, Kone, Krys, LFB, Lilly, Matmut, Neovacs, SNCF, Ocirp, Optic 2000, Orange, La Poste, Roche, Roche diagnostics, RSI, Salesforce, Sanofi, SFR, Shire, Siemens, Société Générale, Stallergenes, Vmware…

Tiens, Ge healthcare, genomic health, Roche, sanofi, Siemens entre autres…

Spécialement pour Ask et la Crabahuteuse : C’est Ge healthcare qui fabrique les beaux mammobiles qui sillonnent les campagnes désertes et cancérogènes ! Spécialement pour Rachel et Fuck my cancer Siemens fabrique de magnifiques mammographes roses, trop beau.

Je ne vais même pas chercher les correspondances des médicaments anti-cancéreux! Je sais que vous savez lire !

En fait, j’admire le travail. Le ruban rose en drapeau. Le buste nu en « captage d’attention » et rien que des mots sérieux et des titres accrocheurs.

Premier titre : Ne jamais relâcher les efforts !

L’article est signé d’Anne Pezet, professeure de management.

Elle veut aussi « mieux nous informer en sauvant des vies » grâce au dépistage et en profite pour vanter au passage les journées de la SFSPM en novembre.

Tiens là en deuxième page c’est le dr Lamia Boudiaf de Novartis qui parle. C’est donc sans doute en bonne partie Novartis qui paye.

Et nous attendrit. Oui, c’est trop gentil.

Novartis avec des associations de patientes organise des réunions pour rompre l’isolement etc.

Europa Donna y est aussi, qui l’eut cru. Même la Ligue en est.

C’est super bien construit tout ça. On mélange bons sentiments, innovation scientifique, engagement pour les patientes et esprit de citoyenneté.

Et tout ça dans Le Monde qui vend ses pages en sachant qu’il vend sa caution de journal sérieux. Je me demande si le quotidien autoriserait la même chose pour la promotion du cannabis médicalisé par exemple.

J’ai cité plus haut la SFSPM, société française de sénologie et de pathologie mammaire et son congrès en novembre. J’ai lu le petit article où en conclusion il est dit que « comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse ».

Donc comme chaque année disent-ils, on va en parler.

Entre soi ? Et se réchauffer de penser la même chose et se dire que oui, c’est bien dommage, il y a bien quelques surdiagnostics et surtraitements mais qu’est ce que c’est à côté de « milliers » de vies et de seins sauvés…Et avoir l’impression qu’il suffit d’évoquer le sujet pour se dédouaner de ne rien changer…On verra l’année prochaine…Car il est dit que…

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaque année (la SFSPM) organisera son forum sur le dépistage, lieu de rencontre unique en France de ce domaine soumis à la controverse.

Comme chaq……………

Tell me a nice story ou raconte-moi une histoire

Storytelling. C’est moderne, c’est américain et c’est moins, en tous les cas en apparence, un truc pour endormir les enfants.
En fait c’est pour endormir les parents. Le storytelling, je viens d’en lire quelques bricoles dans le nouveau livre de Rachel Campergue (Octobre Rose mot à maux: Pour une réelle liberté de choix) est en fait un outil de communicants qui vise à créer une histoire, une sorte de mythe autour de ce que l’on veut vendre, une marque, une personne à élire.

En fait plutôt que d’argumenter, comparer, faire une balance des avantages et des inconvénients, réfléchir au rapport qualité prix ou au bénéfice risque, le « consommateur » choisit une marque pour l’histoire que cette marque raconte, pour ce qu’elle représente…Par exemple se « sentir libre » en roulant au volant de telle marque de voiture comme si on parcourait les routes du Colorado quand en fait on roule à deux à l’heure entre Strasbourg et Sélestat. Par exemple aller se faire dépister pour conjurer le mauvais sort et penser échapper ainsi au cancer du sein.
C’est très efficace. C’est moins ennuyeux que de réfléchir, soupeser, argumenter, et cela préserve la part de rêve et provoque des émotions.
Cette méthode a dépassé le seul domaine de la publicité pour s’exporter à tout ce qui désire se « vendre » que ce soit un homme politique, un choix de santé publique voire une religion.
Les religions ? Oui, aussi. Peut-être même surtout les religions.
En fait, je viens de lire « le Royaume » d’ Emmanuel Carrère. Et il y parle de ce qui serait l’invention de ce « storytelling » par l’apôtre Luc grand raconteur devant l’éternel.
Emmanuel Carrère y parle des évangiles et parcourt les plateaux télé, les plateaux radio comme s’il avait découvert là, tout juste à l’instant, quelque chose de l’ordre d’une imposture. Sur les plateaux, on l’écoute religieusement, on se régale de son érudition, on soulève l’aspect quasi révolutionnaire du propos, certains déplorent que le « Royaume » ne soit pas sur la liste des « goncourable » et moi, vraiment, je n’y comprends rien.
Quelque chose m’échappe. Un aspect essentiel que je n’aurais pas compris. Je ne comprends vraiment pas l’originalité du propos, du moins pas à la mesure de cet étonnement qu’il suscite.
J’ai apprécié le livre, agréable à lire, resituant l’ensemble dans un contexte politique et c’est vrai que jusqu’à présent on lisait sans doute les évangiles comme déconnectés de leur environnement historique.
Emmanuel Carrère narre agréablement l’histoire de la création des textes, il imagine des contextes singuliers et se permet de présupposer des profils psychologiques différents selon les personnages. C’est bien pour cela que Luc deviendra un « storyteller ».
Et en fait, c’est là sans doute que se trouve l’originalité du propos. Cet aspect que je ne comprends pas se trouve dans le fait de considérer ce texte autrement que comme n’importe quel texte. Se poser des questions au sujet de ses tenants et de ses aboutissants et s’autoriser à le commenter et le critiquer est une démarche originale.
Il se trouve que, bien qu’élevée dans la religion protestante et curieuse du fait religieux, le phénomène de la « foi » m’a toujours posé question. Je ressentais comme beaucoup d’enfants une peur panique devant la mort et aurais vu avec soulagement dans l’existence de Dieu, la possibilité d’une vie après la mort. Mais, je ne pouvais pas accepter l’idée que mon Dieu serait le bon pour toute une humanité. Voire pour une humanité qui ignorerait son existence.
Pourquoi justement le mien ? Comment peut-on croire … .Si on ne connaît même pas l’existence de celui auquel on pourrait croire, et que notre salut en dépendrait. La question de « croire » ne s’est donc même pas vraiment posée.
La Genèse se trouvait aussitôt réduite au niveau du mythe ou des contes. Les évangiles étaient un peu pour moi des textes à mi-chemin entre poésie et philosophie. Un peu intéressants et un peu ennuyeux, de bons sujets de réflexion comme les Béatitudes et quelques histoires farfelues de miracles. Nous reparlerons de miracle quand un aveugle énucléé reverra ou que mon sein disparu aura repoussé!
Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Je n’irai pas jusqu’à dire que je trouve Emmanuel Carrère crédule parce qu’il est allé trois ans durant à la messe tous les jours et qu’il a cru que le Christ avait ressuscité. Je me doute bien que tout ça est plus compliqué que ce que j’imagine.
Mais tout le problème est là, je ne peux simplement pas l’imaginer.
Surajoutons à cet endroit l’existence des évangiles apocryphes et la question ne se pose donc plus pour moi.
Vile affaire de pouvoir et de politique.
Ne vous méprenez pas, je ne me crois pas plus intelligente ou clairvoyante, je suis convaincue qu’il y a quelque chose que je ne comprends pas, un truc qui m’échappe et je sais que c’est dans cette notion de « révélation ».
De ce fait s’appuyer sur l’interprétation de textes religieux pour justifier des pratiques de la vie courante me hérisse tout particulièrement. En particulier quand une moitié de l’humanité y lit la justification de l’asservissement de l’autre. En tant qu’individu, je comprends que ces textes m’aident à réfléchir et guider ma vie. Que quelqu’un d’autre en revanche s’appuie sur ce texte pour me dicter ma conduite ? Non.
Mais cela veut dire qu’il y a des textes sacrés. Et que « sacré » veut dire qu’on ne peut ni vraiment les comprendre, ni vraiment les toucher.
Ce serait comme si le texte précédait l’homme et qu’il ne restait à l’homme que de s’y référer afin de pouvoir expliquer et donner un sens à sa vie.
Je regarde les journalistes étonnés, les philosophes interrogés, les intellectuels respectueux tourner, retourner des textes qui sont devenus plus que des références. Ils sont devenus des totems, parfois des monuments aux morts. Et je les vois la tête courbée devant l’édifice, un édifice qui ne leur parle pas.
On peut certes commenter le texte, l’exercice religieux (selon les religions) incite même aux commentaires pourvu que le commentaire reste respectueux du « canon ».
En revanche commenter la provenance du texte, ou les éléments ayant contribué à sa constitution sont blasphématoires. Il est interdit aux non-initiés de toucher à la bible, au coran, à la torah…Ce serait toucher à l’idée de Dieu.
Il y a là un objet culturel, cultuel, qui nous parle de nous et que de nous, et la plupart d’entre nous ne comprennent rien. Nous acceptons la présence des prêtres un peu comme de médiateurs qui maîtriseraient la gestuelle et le langage symboliques, comme si ces textes et le rituel qui l’accompagne devaient être ésotériques, secrets, magiques, juste compréhensibles d’une caste d’éclairés en pourparler avec l’au-delà.
Plus que la polysémie c’est le rituel symbolique et son langage ésotérique qui interrogent. Ce quelque chose nous parle de nous, de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. Et nous ne le comprenons pas !
Ce modèle semble se perpétuer dans la psychanalyse. Michel Onfray parlant de Freud avait fâché les disciples freudiens ne supportant pas son irrévérence et refusant en quelque sorte de faire le lien entre l’homme et la production de son texte. Là aussi le comportement général est de déposer des fleurs aux pieds du monument aux morts, la tête baissée et en silence.
Ces textes-là sont aussi étudiés, tournés et retournés et …obscurs. À la fois parlants, c’est du moins ce que l’on dit d’eux et nécessitants des médiateurs sinon on comprend tout faux selon les grands prêtres de la psychanalyse. Et voilà que…Freud et Lacan sont donc intouchables. Les critiquer revient à blasphémer.
Or ces textes nous parlent de nous, de ce que nous sommes, de la construction de notre identité et de notre rapport à la vie et à la mort.
Il en va de même pour la science. En particulier pour la science médicale.
Trop compliquée pour être partagée disent les médiateurs, les grands prêtres. Or que fait la médecine sinon nous parler de nous, de ce que nous sommes et de ce que nous allons devenir.
Là aussi le texte est obscur. Et si je ne craignais de lasser, j’en définirais le rituel…Blouses, sthétos autour du cou, cherchage en salle d’attente, nudité, mufflerie, langage savant…hiérarchie.
Le savoir est réservé à une poignée d’érudits qui le gardent jalousement. Le savoir est strictement égal au pouvoir.
Alors certains médecins défroqués ne jouent pas le jeu et regardent le « texte » de près, critiquent ce que d’autres définissent comme étant la science. Ils ne renversent pas la statue, mais la descendent de son piédestal. Ils regardent comment celle-ci se fait et découvrent des supercheries. Des citoyens paroissiens comme Rachel Campergue se refusent à prier le notre père et coupent les mots en quatre.
Le storytelling, la fabrique à contes est démasquée. Nous entrons dans une ère iconoclaste
Mais si le storytelling existe, il répond à un besoin.
Ce besoin que je ne comprends pas, celui de croire et d’aimer croire aux belles histoires. Celui de se laisser porter et bercer.
Et là, Rachel, que faire ?

Quid de la lionne ou de l’autruche ?

C’est octobre rose. Ceux qui ne le savent pas ne sont pas connectés au monde…Et ils ont raison… J’ai bien envie de me déconnecter.
Je viens de voir une vidéo faite par une cinéaste pour Gustave Roussy. Un film de sensibilisation et de prévention contre le cancer du sein. Son titre : la lionne ou l’autruche.
Il y a un an encore, j’aurais hésité à en dire quelque chose parce que la vidéaste est une patiente et que je sais que ce que l’on dit de notre aventure personnelle relève de notre stratégie de survie et qu’il ne faut pas y toucher.
Mais je suis furieuse. Furieuse de ce storytelling « racontage d’histoires » mensonger. Le dépistage n’est pas de la prévention.
MERDE….
À peine de la prévention secondaire…à peine, en tous les cas ça se discute.
Qu’est ce que c’est que ce scénario d’une pseudo oncologue qui renvoie une patiente à sa culpabilité d’autruche en faisant l’inventaire de ses punitions parce qu’elle a tardé. Puis confiante elle lui parle de 85% de guérison ?
Nous avons une responsabilité de ce que nous disons et l’on ne peut pas dire n’importe quoi.
Qu’est ce que c’est que ce scénario du gentil frère qui nous prend rendez-vous pour une mammo ! De quoi se mêle-t’il en me disant que la mammo ne donne pas le cancer, que c’est tout le contraire. La mammo n’empêche pas le cancer.
MERDE…
Qu’est ce que ce scénario de la femme qui pleure face au médecin et puis…Et puis…Finalement elle est heureuse d’y être allée, c’est comme une renaissance. On renaît d’entre les pétales de rose ? Ailleurs on naît dans les choux et chez moi c’est la cigogne qui…
Madame, si vous me lisez, un cancer du sein peut être symptomatique (se voir, se sentir) et très bien se soigner. Un cancer peut être minuscule et même dépisté et ne se laisse pas soigner pour autant. Il n’y a pas une maladie avec sa solution. Ce serait trop beau, et le cancer n’est pas beau. Vous le savez tout comme moi.
Il faut cesser impérativement de se servir de l’émotion pour vendre le dépistage. Les femmes doivent être informées pour pouvoir choisir, informées et non pas baratinées.
En tous les cas, les vrais responsables sont les personnes de Gustave Roussy qui ont autorisé cette communication.
Et puis personnellement je préfère être une autruche. La lionne va chasser pour sa majesté pendant qu’il fait la sieste et palabre sous son arbre. Parfois quand il est mal vissé il dévore même les lionceaux. L’autruche en revanche, contrairement à ce que l’on en dit fait une vraie prévention. Elle surveille son nid jalousement, ou quand elle est occupée délègue la surveillance à d’autres. Figurez vous que c’est un peu comme ça que je vois notre gestion du cancer du sein en ce moment. Pendant que certaines majestés siestent et palabrent la science apporte jour après jour des informations nouvelles que sa majesté préfère ignorer.

le dépistage gratuit

Une mienne amie

Une mienne amie me raconte que tous les deux ans, disciplinée comme une bonne petite alsacienne, elle répond à l’invitation « gratuite » pour le dépistage organisé du cancer du sein. Elle y va. elle sait tout ce qu’on en dit, je lui en ai parlé, mais bon elle préfère y aller et de plus elle ne se fera pas rappeler à l’ordre par son gynéco et puis…elle y va. Ça la rassure quand même.

Mais cette année elle a décidé de dire à la radiologue, lui dire qu’elle refusera l’échographie. Depuis douze ans maintenant, tous les deux ans elle est invitée pour le dépistage gratuit et sort de chez la radiologue en ayant certes sa mammo gratuite mais aussi une écho payante, s’il vous plaît. Que dire ?

La radiologue lui dit vérifier ce qu’il en est des calcifications…

Ben oui, ce n’est pas à exclure…En en faisant plus on en voit plus, logique…

Est ce bien l’esprit du DO, je ne sais pas. Cette écho est elle utile et nécessaire ? Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche c’est que le dépistage n’est pas gratuit.