« vu à la télé » prothèses et biotechnologies…

En fait « revu » à la télé.

Au « 28 minutes » d’Arte d’Elizabeth Quin, je revois le docteur Laurent Alexandre. Quelques mois avant je l’avais déjà entrevu au journal de 20h de France 2 et m’étais agacée à ce moment qu’à une heure de grande écoute un grand journal de télévision y présente un tel hurluberlu.

Oui, je le voyais comme un hurluberlu, un médecin « fou », genre doux-dingue qui annonçait lors d’une conférence que certains auditeurs auraient la chance d’arriver au bel âge de 1000 ans.

Chez Elizabeth Quin, il ne parle pas de 1000 ans mais d’allongement considérable de la vie autorisé par le recours aux prothèses et à la biotechnologie.

Pensons au cœur artificiel qui vient d’être posé. Lui-même parle de rétine artificielle et étend volontiers le panel de prothèses à tous les organes dans …Pas longtemps.

Pour d’autres pathologies, les biotechnologies sauront soigner, modifier, influer sur le devenir des cellules et hop, le tour est joué.

À  moi l’éternité, ou à peine un peu moins.

Quid de l’éthique, grande question de la journaliste ? Mais cela posera d’énormes problèmes éthiques ?

Oui, il dit oui, les problèmes sont immenses mais le train est déjà pris, il roule déjà très vite sans avoir posé la question de la résistance des rails et surtout de l’existence des gares.

L’image du doux-dingue se modifie progressivement. Ce n’est plus d’un rêve qu’il s’agit, c’est de réalité.

Wikipédia à l’appui, je regarde la bio du docteur de plus près. Il est urologue, ancien élève d’HEC et de l’ENA, c’est un hyperactif, l’un des concepteurs de doctissimo (revendu à présent pour quelques millions) et il possède une société de biotechnologie qui revend du séquençage ADN et ARN, de la médecine dite « personnalisée ».

Lui-même décrit les travaux déjà en cours.

Ailleurs qu’en Europe of course, mais en Californie, on peut déjà choisir un enfant aux yeux bleus, ou choisir de ne pas avoir un garçon trop petit ou une fille trop grande etc.

En fait, si je comprends bien entre les lignes, les problèmes éthiques sont là mais tout va trop vite et la vieille Europe, trop lente au démarrage n’évalue pas les enjeux. Si en tant qu’entrepreneur, on ne veut pas être à la traîne, on y va.

Selon lui, entendu dans une de ses conférences, si on ne veut pas que nos enfants parlent le Mandarin et fassent Français en langue régionale, on ne se tourne pas les doigts dans le c… Et on y va.

Bon moi perso, il m’est égal que mes enfants ou petits-enfants parlent le Mandarin, pourvu qu’ils vivent à peu près heureux.

Je ne vois pas en quoi il serait absolument nécessaire que nous continuions à coloniser le monde entier par notre esprit. Somme toute nous ne sommes pas seuls au monde bien que nous en ayons la conviction ! Que de mépris pour les autres et pour les Chinois en particulier.

Pendant que je le regarde et l’écoute je me dis:

      Mais à qui ressemble-il, il me fait penser à quelqu’un. Oui, ça y est. Il me fait penser à Bill Gates.

C’est le même style, le genre premier de la classe hyperactif, super informaticien, super scientifique et surtout super commerçant. Je ne dirais pas super médecin. Non, je ne dirais pas ça.

Mais je me dis qu’un médecin qui a fait HEC genre financial economics, business managements etc puis l’ENA histoire de connaître les clés du royaume, n’a pas fait tout ça pour aller bosser à Lambaréné comme Schweitzer ou au pays des rêves de la blogueuse de « liberté, égalité et maternité ».

En même temps, petit balbutiement de désir éthique dans son entreprise, aucun résultat n’est donné comme ça au patient.

C’est toujours un médecin qui donne le résultat.

Bon, perso, les médecins…Il y a médecin et médecin. Parmi les médecins, il y a Tchekhov, Louis Ferdinand Céline, et le dr Mengele…Donc, à boire et à manger… Pour moi le médecin n’a jamais été un label de « qualité », ni éthique, ni scientifique.

Bon, j’ai vu ça à la télé et puis plus tard j’ai entendu à la radio parler de ce qui se fait aux « States » :- le mommy makeover.

Un pack d’opérations en post-partum pour retrouver sa silhouette de vamp. Liposuccion, relevage de sein et prothèse, reprise du ventre, événtuellement reprise des petites lèvres, grandes lèvres et resserrage de vagin si nécessaire entre 8000 et 15000 dollars selon nécessité. Il y déjà  à Paris et à Istanbul ou ailleurs quelques cliniques qui proposent ces soins à partir de 3500 -4000 euros.

Je ne savais pas que ça existait !

Et du coup, j’ai peur.

Finalement c’est vrai tout ça.

Quelques-uns vivront longtemps.Réparés à tout jamais au garage des barbies et kens bioioniques pour avoir le droit de s’ennuyer hyper longtemps en écoutant la musique déjantée des arrière-arrière-arrière-arrière petits enfants qui diront en sortant de la maison de retraite high-tech sécurisée, fildeferbarbelisée et hypermédicalisée :

-Elle a quel âge déjà mamie Martine ? Tu trouves pas qu’elle sent mauvais ? Ils ont pas un truc les bio médecins pour éviter le pourrissement de son bras gauche qui lui reste.

Tu crois que c’est normal qu’elle ne se souvienne plus des enfants de ses arrière petits enfants, tu sais ceux qui à la dernière cousinade où nous étions 653 disaient qu’ils étaient venus à pied sans mettre les pieds-prothèses mais carrément avec leurs vrais pieds, c’est dingue. Tu crois pas qu’il faudrait qu’on dise aux médecins de lui faire un bilan Alzheimer pour lui rééduquer le cerveau.

Heureusement que de nos jours on peut supprimer les embryons Alzheimer. En même temps c’est bête car à l’analyse des embryons de ma sœur, tous déconnaient. Soit c’étaient les yeux qui n’avaient pas la bonne couleur, soit il y avait un risque léger de déficit cognitif, un pied plus petit que l’autre, un risque de cancer, un cœur un peu gros ou une couleur de peau trop sombre. Le seul embryon correct est une fille qui aura des grosses fesses et ça, ma sœur n’en veut pas.

Bon je délire, mais j’imagine une chair qui a 400 ans et j’hésite entre la pâtée pour chien ou les croquettes, l’odeur en sus. N’importe quoi ! Par ailleurs nos comités d’éthique se posent des questions pour pratiquer l’euthanasie et je ne comprends plus rien.

Faut-il donc toujours que nous allions au bout de tout ?

Mais le bout du bout pour moi c’est ça :

Toujours Arte, au journal de 19h45mn un petit reportage au sujet d’une superbe expérimentation (selon la journaliste d’Arte) en Ethiopie. À quelques heures à pied d’une route, en pleine montagne d’Ethiopie, on a créé une école virtuelle.

Trois scientifiques viennent « relever les compteurs » une fois par semaine. On a donné à un enfant une tablette numérique sans rien lui expliquer et celui-ci tout seul, de façon intuitive en a compris le fonctionnement. Il sait désormais lire et écrire et peut apprendre aux copains de classe pleins de choses, tout cela sans instituteur. Les chercheurs ont installé sur le toit de « l’école » des capteurs solaires pour recharger la tablette.

Oui, c’est chouette. Mais les gens vivent en haillons, n’ont pas d’eau courante, n’ont pas d’électricité et à peine de quoi manger !

Comment est ce possible de trouver des crédits pour une expérimentation aussi coûteuse dans un pays d’Afrique sans être capable de trouver le même argent pour le strict minimum nécessaire à la survie. Que dire de cette expérimentation où l’on a délibérément cherché un enfant « vierge » de tout enseignement pour comprendre ses capacités intuitives d’apprentissage et surtout, peut-on mesurer tous les effets d’un enseignement « déshumanisé » et quel intérêt. Apprendre n’est rien sans celui qui peut répondre au pourquoi et au comment !

Toutes ces histoires de « transhumanisme », biotechnologies etc font totalement abstraction de l’immense partie de l’humanité qui ne mange pas à sa faim et qui, à mon sens, grâce aux technologies modernes, ne les laissera pas faire.

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En 2014, comment va le monde !

Après cette année bizarre que fut 2013 !

 

Bien qu’amatrice, profane et grande paresseuse devant l’éternel…Juste une ménagère de plus de cinquante ans !

 

Je ressens le monde en chamboulement.

 

Le monde va d’une façon neuve, originale, intéressante. Quelque chose de nouveau se passe !

 

Et cette nouvelle chose serait, pour moi, et cela n’engage que moi, ce qui se dit dans le monde au travers des mouvements qui n’arrêtent pas, ne cèdent pas, se réactivent d’un rien et qui sont les « printemps arabes », les manifestations des Thaïlandais contre leurs dirigeants,    la révolution orange en Ukraine, les manifestations en Turquie,   en Israël et j’en oublie, sans aucun doute.

 

Les citoyens du monde en ont collectivement assez de leurs dirigeants.

 

Il y a là un désenchantement qui va au-delà de la seule prise de conscience. Car les alternatives qui se proposent logiquement sont rejetées avec la même ardeur que ce qui les précédait.

 

À bas l’ordre établi, à bas le troc simpliste de la gauche pour la droite, le néo-libéral pour le traditionnel, le pro-russe pour le pro-européen, la religion pour l’argent.

 

Rien ne va plus, les jeux ne sont plus faits, on ne joue plus, il faut que ça change.

 

 Le facteur déclenchant pour moi, non pas au sens d’achèvement mais bien de renouveau a été cette information intéressante de bagarres au sein d’une mosquée parisienne où des femmes venant prier ne se satisfaisaient plus de ce que leurs hommes les rangent à la cave.

 

En fait, si j’osais, je dirais que les vieux systèmes très sexués où les mâles dominants ont établi l’ordre du monde en s’organisant de telle sorte que leur légitimité s’appuie sur l’argument de grandes idées, ces vieux systèmes ont été démasqués.

 

Partout on manifeste contre la corruption, le népotisme, les prébendes…

 

 Ceux qui souffrent et ne se laissent plus faire sont surtout les femmes et les jeunes. Les jeunes connaissent le monde occidental, surfent sur le net, regardent la télé et en même temps voient ce monde et le leur  d’un œil critique.

 

Les jeunes ne sont plus cette pâte molle et inconsistante, cette énergie brute aisément manipulable et manipulée par des vieux qui se disent respectables et détenteurs de la vérité.

 

Ils rêvent d’avoir du travail, de vivre décemment et d’être libres et n’écoutent plus les balivernes de leurs pères.

 

Les femmes ont bien compris que les hommes se débrouillent avec de belles paroles pour les tenir en laisse et disposer librement de leurs corps et ne l’acceptent plus. Elles veulent déterminer elles-mêmes où se trouve leur liberté et ne pas se laisser contraindre par ce que l’on dit d’un Dieu qui préfère une moitié de l’humanité au détriment de l’autre.

 

Internet, les réseaux sociaux, les portables avec les photos sont passés par là. Plus rien ne peut se cacher. Il n’est simplement plus possible de maîtriser l’information. L’outil de propagande qu’est la télévision est entrain de montrer ses limites.

 

Les Femen, à mon sens, en sont la plus belle illustration. Elles sont tout, sauf dupes. Toutes les vieilles fadaises visant à contrôler les femmes pour les asservir et user « légitimement »  de leur corps ont été dévoilées. L’Ukraine vit avec l’idée d’être le réservoir de « putes » de l’Europe, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et des Etats-unis. Les femmes ne croient plus au « discours » des hommes, ne sont plus prêtes à les aimer aveuglément.

 

Elles se disent conçues comme une marchandise et savent que ce qui fait leur valeur est le pouvoir de leur corps. Elles s’en servent sachant que c’est grâce aux seins qu’elles dévoilent qu’elles trouveront une audience.

 

Malheureusement, et la violence de leur mouvement est sans doute lié à cela, malheureusement si elles trouvent un écho médiatique, une attention…Elles ne trouvent pas d’écoute. Les médias veulent bien regarder et montrer leurs seins, mais ça s’arrête là.

 

Bien sûr que ces moyens de communication non institutionnels sont aussi vecteurs d’idées dégueulasses et témoignent de sérieuses limites.

 

Mais on peut tout dire, on est libre.

 

Bon, on est plus libre dans certains pays qu’en d’autres, mais ces moyens de communication qui sont difficilement contrôlables bouleversent l’ordre établi et donnent enfin un espace de liberté.

 

Plus personne n’est dupe, ni des valeurs de liberté du monde occidental, ni des valeurs idéologiques ou religieuses de mondes plus traditionnels qui sont au service des communicants de dirigeants indéboulonnables. Il y a donc un immense retournement de situation où l’image, celle de la photo du portable fait figure de vérité.

 

Mais on ne garde que l’image, tout ce qui est organisé en paroles, les mots qui expliquent l’image sont suspicieux. On ne peut plus faire confiance aux mots dans ce constant mouvement d’imposture. Ce qui joue bien des tours aux Femen par exemple, qui sont vues comme des provocatrices et suscitent tout juste un réflexe rigolard et voyeur. Elles-mêmes prises à leur propre piège sont bien incapables de se servir de mots et d’expliquer la teneur exacte de leur combat.

 

Et nous sommes peut-être à ce stade-là.

 

Ras le bol de l’ordre établi…Ça c’est sûr…Mais on échange avec quoi ? Que met-on à la place ? Quel discours élaborer et tenir si tout discours est suspect.

 

Donc oui, c’est un moment de rupture…Maintenant il faut en garder le sens et arriver à négocier un changement structurel.

 

Bonne année 2014 !