Octobre Rose, grande foire d’automne 3

N’y a t’il donc rien de bien dans Octobre Rose ? Si, bien sûr. Un petit peu, un tout petit peu…Une conférence, une discussion…

Les lucides qui désirent élever le niveau et ne pas être en reste essaient de faire quelque chose. Car il ne faut pas être en reste. Si on ne trouve pas qui réellement gère Octobre Rose en France c’est parce que personne ne  gère. C’est une sorte de « label » importé par des associations et accaparé par nos institutions qui soignent l’opinion. Un label populiste où nos institutions s’investissent avec les impôts des contribuables en attendant de tous qu’ils s’associent à la grand-messe. C’est vrai que cette belle unanimité entre la médecine (démagogique…Celle qui se médiatise la larme à l’oeil… ), le ministère , les mairies, conseils régionaux, l’INCa, les médias fait chaud au cœur. Tous d’accord contre le cancer du sein, même moi !

Il faut donc en être…Ne pas en être serait comme être le seul à ne pas faire de cadeau au couple qui vient de nous inviter à leur mariage, on a l’air de quoi !

Mais ce qui réunit tout ce monde est surtout l’aspect fédéralo-raccoleur de la « cause ». Le sein, c’est un truc « trop fort ». Les femmes y tiennent plus que tout, les hommes aussi. C’est utile à pleins de choses. On donne du lait à ses enfants, ce sont des doudous merveilleux pour les compagnes ou compagnons, ils font de nous des vraies femmes quand ils poussent, nous permettent de les « cacher-montrer », ils sont des objets de « désir ». les râleuses en aimeraient de plus grands, ou de plus petits. Les contentes  trouvent que les leurs sont beaux. Ils sont nos meilleurs atouts. On les voit partout, on vend avec eux des voitures, des assurances, des parfums. Les seins, c’est magique.

Et bing, t’es malade, le monde s’écroule. Si on t’en coupe un, voire les deux, le rêve devient cauchemar. Tu n’es plus montrable, désirable…c’est une figure hideuse. J’exagère ?

Allons, soyons sincères. Mettons nous dans une cervelle vide, oublions tout et là soudain une petite voix susurre « cancer du sein ». On pense à quoi ?

Au buste d’amazone avec une grande cicatrice, au buste plat…et au crâne chauve…et pas du tout aux  90 % de guérison.

Voilà ce que je reproche à Octobre Rose, entre autres. Réunir toutes les femmes et les hommes autour d’une  peur et masquer cette peur dans un discours positif odieux pour ces femmes  qui sont malades et qui n’ont même pas le bon goût de guérir. Ne vous montrez pas les filles, on préfère voir la jolie petite brune avec ses deux jolis petits seins…

On entre dedans comme dans la forêt profonde et dès cet instant on a peur du loup. Plus moyen d’en sortir, c’est trop tard. Il ne reste qu’à proposer les belles friandises dans son petit panier pour faire diversion et convoquer le chasseur avant que le loup ne vous dévore.

Moi quand j’entends le loup, je cours le plus vite que je peux. Je n’ai pas le temps ni la capacité de réfléchir quand j’ai peur. J’ obéis aux injonctions du chasseur: – vas te faire dépister, vas te faire dépister !

L’ennui c’est que le chasseur a un fusil grippé, vieux, mal graissé et enrayé. Le dépistage a du plomb dans l’aile pour rester dans la métaphore cynégétique.

Ce n’est pas vraiment vrai que « plus on dépiste tôt mieux on soigne ». La plupart des femmes sont dans le cas d’un cancer symptomatique (une boule que l’on sent, un mamelon qui se rétracte etc) et ne sont pas condamnées pour autant (ouf), il n’est pas « trop tard ». Et d’autres, j’en connais, au cancer dépisté tout petit- petit, sont dans la maladie et récidivent.

Après il reste les mots dans le panier. Les incantations, les « je vous salue Marie » qu’on répète à perdre haleine, les formules magiques, les « abracadabra ».

Allez, en vrac : -reconstruction immédiate, moins de mastectomies, moins de traitements invasifs…,peu d’effets secondaires…,un beau plan personnalisé de soins…,une prise en charge psychologique…une consultation d’annonce…

Tous ces discours stéréotypés qu’on entend partout comme si de les dire et de les répéter allait les rendre effectifs. La méthode Coué du cancer du sein, celle où on crée la réalité qui n’existe pas.

 Je vous renvoie vers les travaux de l’institut Cochrane   dégagé de tout conflit d’intérêts

 http://www.cochrane.dk/screening/index-fr.htm

 Résumé :

« Il peut être raisonnable de participer au dépistage du cancer du sein par mammographie, mais il peut être tout aussi raisonnable de ne pas s’y soumettre, parce que ce dépistage présente à la fois des bienfaits et des dommages.

Si 2000 femmes sont examinées régulièrement pendant 10 ans, une seule d’entre elles bénéficiera réellement du dépistage par le fait qu’elle évitera ainsi la mort par cancer du sein.

Dans le même temps, 10 femmes en bonne santé deviendront, à cause de ce dépistage, des patientes cancéreuses et seront traitées inutilement. Ces femmes perdront une partie ou la totalité de leur sein et elles recevront souvent une radiothérapie et parfois une chimiothérapie.

En outre, environ 200 femmes en bonne santé seront victimes d’une fausse alerte. Le stress psychologique de l’attente du résultat pour savoir si elles ont vraiment un cancer et celui de la suite des soins, peut être sévère. »

 Et bien-sûr pour en savoir plus encore, no mammo  de Rachel Campergue

 

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