ma ministre veille pour moi

TUTELLE. N.f. ( 1437 ; empr.lat. tutela, de tutus, p.p. de tueri,

« regarder, surveiller »)

Il a fallu que je vérifie dans mon Robert ( robert !!!!) le sens du mot : tutelle.

Deux pages nommées « Grand Angle » du Monde, non pas un article, mais deux pages de communiqué ( promotion ou publicité selon la vision du monde de chacun) m’interrogent.

J’y vois la photo de notre ministre de la santé. Elle propose avec ferveur le dépistage du cancer du sein alors que nous sommes au cœur d’une grande discussion remettant en question l’efficacité de cette démarche.

Or conscient de la problématique, au fait de cette discussion, l’INCA (institut du cancer) promet une étude concernant ce sujet.

Malgré cela, notre ministre, sans attendre les conclusions de l’enquête officielle de l’INCA, et négligeant ainsi les consignes élémentaires de précaution choisit la promotion active du dépistage.

Pourtant que ce soit dans « regarder » comme dans « surveiller » (voir déf.) les deux mots impliquent selon un angle sémantique une notion d’attente.

Il me semblait plus à propos dans ce contexte troublé de remise en question du dépistage d’observer, d’ attendre les conclusions et d’ agir en conséquence.

Nos organismes de tutelle sont décevants.

Au centre d’un système de soin, il y a : – le patient.

Le premier précepte appris en médecine: primum non nocere, c’est d’  « abord ne pas nuire ».

Selon Wikipédia : le principe de malfaisance dérive de cette sentence. Une autre façon de l’exprimer est que dans un problème particulier, il peut être préférable de ne pas faire quelque chose ou même de ne rien faire que de risquer de faire plus de mal que de bien.

En imposant sa présence officielle si fortement la ministre témoigne d’ une incapacité de mise à distance.

Mais c’est surtout le refus de la discussion concernant le bien-fondé du dépistage qui apparaît.

On se met là dans l’hypothèse que la discussion n’a pas lieu d’être et que le doute ne peut pas exister. Cette attitude là n’est pas une attitude scientifique, le doute existe toujours.

Quand des organismes scientifiques réputés pour leur sérieux remettent en question la pratique du dépistage du cancer du sein,  il est difficile de comprendre pourquoi on refuse de les entendre.

Pourtant un ministère, c’est plus qu’un ministre. Ce sont des conseillers, une équipe…des politiques et LA POLITIQUE, c’est prévoir, penser l’avenir, se projeter.

Ici le moins que l’on puisse dire est que l’on est figé dans une posture inexplicable.

Est ce uniquement un choix de « com » ? Ne pas fâcher l’opinion ?

Caresser dans le sens du poil. Facile !

Est ce un choix que l’on peut argumenter ? Vraiment ? Je veux entendre les arguments scientifiques à présent. Fini le protocole compassionnel, je veux les chiffres, les vrais.

Je me dis : – Oui, c’est une femme, c’est peut-être ça. Elle aussi est  dans les représentations associées au cancer du sein.

Elle aussi se dit :-on ne peut quand même pas ne rien faire…on retournerait en arrière…

C’est certes une femme, mais elle est ministre.

Et un ministre se doit de prendre un peu de hauteur et de réfléchir ce qui pose problème autrement qu’avec ses émotions.

Une fois de plus lâchons les postures orgueilleuses.

Au centre il y a des patientes et un principe de précaution qui s’impose.

Je m’étais dit comme ça, qu’il suffirait de faire la même chose. Se payer une double page de pub dans le Monde pour exposer les chiffres, les données critiques de ce dépistage.

Mais ce n’est sûrement pas donné. Et les scientifiques auxquels je fais référence ( sans accointance avec des labos) n’ont pas les moyens de payer…je ne vous fais pas l’affront d’une lecture approfondie de la double page sus nommée !

Que fait un ministre dans une promotion ?

N’y a t’il pas un devoir de réserve ?

Pour finir, mais cette analyse est très personnelle : on continue, une fois de plus à entretenir le trouble et le flou autour de ce sujet. « Octobre rose » arnaque son monde en créant une confusion entre dépistage et prévention et ici le choix du Monde n’est pas anodin.

Il faut bien lire la petite phrase en bas de page : la rédaction du quotidien « le Monde » n’a pas participé à la rédaction de ce publi-rédactionnel.

Encore, je demande encore. Que fait un ministre dans une promotion ?

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