santé et décroissance

Quel étonnement justement aujourd’hui de lire sur http://www.atoute.org/ ce post consacré à l’inertie thérapeutique. Enfin l’idée de ne rien faire n’est pas un renoncement mais un choix.

Hors de la problématique des implications commerciales dans le domaine de la santé que je sais essentielles, il ne faut pas oublier la tendance tant humaine à vouloir tout maîtriser et si possible en amont de ce qui pourrait arriver à notre corps.

C’est un virage qui s’opère doucement d’une médicalisation à tout prix vers une médicalisation à bon escient.

Mais gardons nous de jeter le bébé avec l’eau du bain. Des gestes, attitudes préventives, médicalisations sont nécessaires parfois et d’autres fois ne le sont pas.

Le « trop » appelle le « rien » comme ces ados qui rejettent leurs parents après les avoir tant aimés. Il ne faudrait pas rejeter le progrès médical en bloc au prétexte d’abus passés. Ce n’est pas parce que telle campagne de vaccination a été démontrée comme inutile qu’il faudra supprimer toute campagne de vaccination. C’est le travail de l’épidémiologiste de resituer chaque geste, chaque acte dans son contexte de chiffres et de société et ses implications…

C’est ainsi que l’inertie thérapeutique n’est pas « rien », elle devrait être définie comme un choix thérapeutique selon la même logique que l’acte et cela autrement que dans l’idée du renoncement.

Il ne s’agit pas de ne rien faire parce qu’il n’y a rien à faire. Il s’agit de choisir « l’acte de ne rien faire » car ce choix là est meilleur pour le patient.

Il reste que souvent le patient éduqué dans la culture de « l’agir » aura une tendance forte à pousser à l’acte. Si le choix est possible, il est bien que le patient le fasse et que son médecin ne l’aide pas à choisir en fonction de ses propres représentations mais bien en fonction de données scientifiques du moment.

Oui je sais, c’est difficile et compliqué. Qui a les bons chiffres ? Et sont ils réellement réactualisés ?  Et quels sont les critères définissant un mieux être pour le patient ? Et comment un homme même médecin peut il se trouver hors de ses propres représentations ?

Mais si nous ne sommes pas dupes des implications commerciales…c’est déjà un grand pas. Si nous ne sommes pas dupes des choix économiques des caisses…c’est un pas de plus. Le cône se rétrécit, et tout se trouve dans le dialogue médecin-patient.

Tout. C’est ça le travail du médecin traitant. La médecine n’est pas une science exacte et il est même idiot de vouloir tendre vers cela.

Ce n’est pas un corps en parfaite santé qui devrait se rechercher mais un corps dans le meilleur équilibre. Le corps est un « truc » vivant en constante modification.

C’est peut-être là que se trouve en grande partie la « spécialité » de médecine générale.

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