émotion et dépistage du cancer du sein

Et si nous réfléchissions autrement !

Sommes nous vraiment dans une bataille de chiffres ?

Tous les scientifiques sont du même avis. Le dépistage n’apporte pas les bénéfices que nous en attendions. De loin pas.

Les données chiffrées, même les plus encourageantes évoquant une plus grande survie, ne justifieraient jamais la mise en place du dépistage organisé si celui-ci n’existait pas déjà.

C’est le rétropédalage qui est difficile. Et de fait que se passerait il si le dépistage organisé était supprimé ?

Ce choix semble impossible et serait sans doute à la source d’un transfert du dépistage organisé vers le dépistage individuel.

Or le dépistage individuel est sans doute plus nocif aux femmes que le dépistage organisé.

A t-on déjà pensé compter le nombre de mammographies ?

Une première mammo à 40 ans pour voir ! Puis une autre à 41 car c’est très agréable d’être rassurée. Une à 42 car la tante Huguette vient d’être opérée puis à 44 car on l’a oublié à 43, puis à 44, 5 parce qu’on sent une boule puis 6 mois après pour voir ce que donne la boule puis à 45 sur proposition du médecin dont la belle- sœur vient d’être opérée, puis, puis…et qui fait les comptes ?

L’avantage de ce dépistage organisé est qu’il s’énonce comme étant organisé. Le fait de débuter à 50 ans peut, du moins je l’espère, questionner des femmes plus jeunes au sujet des motivations de la limitation d’âge. De même que le nombre de clichés reste réduit en tentant de limiter la marge d’erreur grâce à une relecture.

Qui d’entre nous penserait spontanément que le dépistage pourrait nous nuire du fait d’un grand nombre d’irradiations ?

Qui d’entre nous penserait qu’il est plus aisé d’interpréter une mammographie après la ménopause plutôt qu’avant ?

Qui d’entre nous sait qu’il faut interpréter la mammographie et que cette interprétation est délicate, la marge d’erreur est d’autant plus élevée que la femme est jeune.

Mais est ce une raison pour autant de persister dans ce dépistage organisé si par ailleurs le surtraitement est trop important ?

Faudrait il que les femmes au delà de 50 ans « bénéficient » de cette mesure si par ailleurs elle peut leur nuire ?

Toutes ces données  qui relèvent simplement d’une information objective, ou mieux qu’objective, une information se situant dans les données actuelles de la science, ces données devraient être partagées avec les patientes. Elles auraient enfin la possibilité de soupeser la nécessité de recourir au  dépistage selon leur propre vision du monde.

Mais le présupposé d’informer la patiente et la laisser choisir impliquerait une information toujours identique provenant des médecins !

Or les médecins ressemblent singulièrement à leurs patientes. Certains entendent ce que disent les chiffres et leur réalité objective. D’autres restent scotchés dans leur émotion et dans la perception que cette émotion partagée avec la patiente est le signe de leur empathie.

Il faut impérativement que les médecins se questionnent. Ce n’est pas de l’empathie. Ils n’entendent pas notre peur, ils ont peur aussi, ce n’est pas pareil.

Que faire ? C’est aux pouvoirs publics de se prendre par la main. C’est le rôle de l’Institution de se situer dans la réalité et de soigner non pas l’émotion mais la population. Il ne s’agit pas d’ignorer cette émotion mais de lui parler, de la solliciter, de lui permettre de se questionner…

Il faut donc travailler avec intelligence et doigté.

Quelques hypothèses de travail ?

Recadrer et encadrer avec sérieux les campagnes de dépistage aux messages trompeurs et mensongers.

Mobiliser les cancérologues, radiologues, généralistes, gynécologues qui commencent à réaliser l’envergure du problème afin que ceux-ci expliquent que « ne rien faire n’est pas laisser faire ».

Proposer des informations sérieuses et intelligentes aux médecins qui douteraient encore.

Mettre en place un travail de recherche pour définir l’impact réel, et ceci à long et très long terme, de l’entrée dans cette pathologie.

Le problème est vaste, c’est un problème de société qui dépasse et de loin le domaine de la santé.

Quelque chose se passe avec cette émotion que l’on montre, que l’on exploite, que l’on manipule sans vergogne.

Une émotion qui excuserait tout pour la simple raison qu’elle serait là et qu’on ne pourrait pas la gérer au seul prétexte d’y laisser sa spontanéité ou une certaine idée de sa personnalité.

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